Présidentielle : la place de la France en Europe cristallise les débats à Brest

Lise Monteillet

Présidentielle : la place de la France en Europe cristallise les débats à Brest

Il n’y aura pas eu de grand dérapage ni de folle embrassade, mais une rencontre franche et cordiale entre sept candidats à l’élection présidentielle et un parterre de représentants agricoles, le 30 mars.

Quatre absents

La frange gauche des candidats à l’élection présidentielle n’a pas répondu à l’invitation. Étaient absents Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Nathalie Artaud et Philippe Poutou. Tous les autres candidats ont accepté de se prêter à l’exercice de présenter leur programme agricole en 10 minutes, avant un temps d’échange avec la salle. Cette matinée était organisée par le Conseil de l’agriculture française (CAF).

Tous les candidats, sans exception, ont été chaudement accueillis par des applaudissements et ont pu exposer leur projet, dans un temps imparti, en matière de politique agricole. Le message de Christiane Lambert, quelques minutes avant le top départ, a semble-t-il été entendu. La vice-présidente de la FNSEA avait appelé les agriculteurs présents au « respect républicain ». Pour autant, les attentes étaient nombreuses. La profession agricole avait en effet déploré, à de maintes reprises, l’absence de l’agriculture des débats depuis le début de la campagne. Cette matinée arrivait donc à point nommé.

Au fur et à mesure que les candidats se sont succédé à la tribune, une question est sans cesse revenue. Faut-il maintenir une politique agricole commune ? Oui, à n’en pas douter, répondent la FNSEA et les autres organisations à l’initiative de cette rencontre. Le syndicat majoritaire a même consacré une large partie de son congrès, les 28 et 29 mars, à approfondir son argumentaire pour « mieux d’Europe ». Ce message europhile, la FNSEA souhaite le diffuser au maximum auprès de ses adhérents. Les candidats à la présidentielle sont plus divisés que la profession agricole sur le sujet. Il y a ceux qui veulent sortir, ceux qui veulent négocier et ceux qui veulent rester. 

En finir avec la PAC…

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La sortie de la PAC est envisagée sérieusement par des candidats comme Marine Le Pen, François Asselineau ou Nicolas Dupont-Aignan. Les deux premiers souhaitent nationaliser une politique agricole qui serait aujourd’hui arrivée dans une impasse. « La PAC est une catastrophe », lance Marine Le Pen. Celle-ci s’insurge aussi contre le « projet peur » qui serait mis en œuvre pour dissuader les électeurs de voter en faveur de la sortie de l’UE. Son objectif est donc de rassurer. Comme François Asselineau, elle promet de maintenir les aides au même niveau. Même démarche sur la question du devenir des exportations agricoles françaises. « Sortir de l’Union européenne ne veut pas dire devenir la Corée du Nord », souligne François Asselineau. Nos partenaires auront toujours envie d’acheter du vin de Bordeaux, du champagne, du fromage, du foie gras... » Et d’ajouter : « Je vous propose de sortir de l’Union européenne de façon sereine, par l’article 50, ce que les britanniques font ». La position de Nicolas Dupont-Aignan est moins tranchée. Celui-ci souhaite tenter de renégocier la PAC avant d’en sortir. Il exigera pour cela un retour des prix garantis et des quotas, ainsi que la rupture de certains accords internationaux.

… ou la réformer

Jacques Cheminade a, lui, proposé une PAC « intelligente » et « protectrice » d’États-nations. Pour Jean Lassalle, s’engager dans un Frexit ne constituerait qu’une « violence supplémentaire » faite aux agriculteurs français.

Emmanuel Macron s’en est pris frontalement aux candidats eurosceptiques. « Vous avez besoin de l’Europe, rappelle-t-il aux agriculteurs. Tous les projets qui vous promettent de vivre hors de l’Europe vous mentent ». Ce dernier souhaite cependant « une Europe qui fonctionne de la même manière partout » et l’arrêt d’une « surtransposition française » concernant les normes.

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François Fillon quant à lui estime que « la politique agricole commune s’est éloignée de ses principes fondateurs ». Il affirme qu’il défendra son budget, malgré le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne. En même temps, il appelle à un recentrage de la PAC : « je veux que la nouvelle politique agricole commune s’occupe de l’agriculture, de la gestion des risques et des soutiens à l’investissement ». Cette PAC doit « garantir la stabilité des revenus et couvrir les risques de marché », répète-t-il. Il plaide aussi en faveur d'une simplification des normes : « je veux redonner la liberté aux agriculteurs ».

Candidat des villes ou candidat des champs ?

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La visite des candidats à la présidentielle à Brest était aussi l’occasion de rappeler leurs liens avec la profession agricole. Emmanuel Macron, qui craint d’être étiqueté comme « le candidat des villes », s’est empressé de rappeler qu’il venait de la Somme, un département somme toute assez rural.  Mais à ce jeu-là, c’est Jean Lassalle qui a provoqué le plus grand mouvement de ferveur dans la salle. Le discours de celui qui a traversé la France à pied a pris l’allure d’une déclaration d’amour. Jean Lassalle veut que la France retrouve « cette relation quasi charnelle avec la terre » et il a longuement insisté sur le fait que l’agriculture fait partie des racines du pays. Ces mots lui ont valu une ovation. 

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Commentaires 5

7206

100ha mais c est enorme

eric du 32

Désolé mal lu l'article, même pas un représentant, on est devenu quoi?

eric du 32

Après un ministre trop peu occupé par l'agriculture qu'il est obligé de s'occuper en étant porte parole du gouvernement, maintenant la gauche nous zappent en envoyant des délégués. A quand des stagiaires pour parler des problèmes qui nous plombent la vie?
ras le bol de ces politiciens de ..........

eleveur

Quatre candidats ont décliné l'invitation, 4 candidats ont considéré qu'ils pouvaient se passer de nos voix d'agriculteurs. Quel affront! Même si c'est un congrès FDSEA- JA, combien de syndicats agricoles représentent autant d'agriculteurs? Le Modef? la Conf? la Coordination rurale? Deux raisons à ça:
- nous les agriculteurs ne représentons plus rien dans ce pays, sauf des bêtes de travail, des esc-----
- la "gauche" nous dénigre
Souvenez- vous- en le 23 avril et toute votre vie....

Jean

Besoin de l'Europe ? Je dirais plutôt heureusement que nous les Agriculteurs du fin fond de la France somme la pour employer c'est dizaines de milliers de personne fictive dans les bureaux surtout à Bruxelles, heureusement que nous somme la pour que nos cher Ministre de l'Agriculture de chaque pays puise faire leur Réunion mensuelle qui coûte des centaines de milliers d'euros ! On veux vivre avec des prix et pas des aides ! Et ne croyais pas que le congrès de Fnsea à pour but de parler au Nom des Agriculteurs Français, personne ce reconnais dans ce syndicat d'industio-Agriculteur. L'Agriculteur familiale conventionnelle inférieure à 100 hectares uni personnelle n'est représenter par personne et encore moins par cest suceur de Macron! Merci

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