Présidentielles américaines 2008 : La future politique agricole sous le signe de la continuité

SC d'après Agreste

Il n'y aura pas de changement de cap à court terme (dans la politique agricole américaine) avec aucun des deux candidats, mais tout au plus des rectifications de trajectoires » explique Catherine Rivoal, chargée de mission « international et mondialisation » au ministère de l'Agriculture.

Dans un contexte économique tendu, la campagne électorale américaine montre deux visions différentes du futur de l'agriculture. Côté Républicain, on souhaite abaisser les aides à l'agriculture, ouvrir plus encore les marchés internationaux aux producteurs nationaux et renforcer la libéralisation des produits agricoles. Côté Démocrate, on privilégie le soutien à un marché libre mais plus équitable, le développement des biocarburants, une croissance respectueuse de l'environnement et les conditions sociales des travailleurs.

Mais les deux partis s'accordent sur le safety net (filet de sécurité) défendu à l'OMC en juillet 2008, à l'image du Farm Bill 2008, sans doute le plus protecteur des revenus des agriculteurs depuis les années trente. «Quel que soit le candidat choisi par les Américains, la politique agricole restera interventionniste» estime Catherine Rivoal dans la dernière «Analyse» publiée par Agreste .

Une approche plus défensive face à la mondialisation

Ces élections ne devraient pas changer les grandes orientations de la politique agricole américaine. Le poids des groupes de pression au Congrès et l'importance économique pour certaines régions du maintien d'activités agricoles contribueront à assurer une continuité. « Les États-Unis, au regard de leur histoire et du Farm Bill adopté en juin 2008, ne renonceront pas à leur politique agricole » estime-t-elle . Le nouveau Farm Bill, d'un montant de 289 milliards USD, montre que la structure fondamentale du soutien américain à l'agriculture reste inchangée. Par rapport à l'OMC, le prochain président devrait adopter, quelle que soit son étiquette, une approche plus défensive face à la mondialisation. Cette position sera le résultat de l'insécurité économique liée à la récession qui s'annonce et au chômage actuellement en hausse.

Nombre d'experts considèrent qu'il n'y aura donc pas de changement de cap à court terme avec aucun des deux candidats, mais tout au plus des rectifications de trajectoires. D'autant qu'aux États-unis, ce n'est ni le président des États-Unis, ni l'administration qui font les lois, mais bien le Congrès. La politique américaine à l'avenir dépendra largement, quel que soit le domaine, de l'équilibre des pouvoirs qui sortira des urnes de la présidentielle et du renouvellement du Congrès.

 

Source Agreste « Analyse », octobre 2008

Publié par SC d'après Agreste

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