Prix du carburant et hausse des charges : Rodez : JA et FDSEA maintiennent la pression

Alexandre CAYRAC

Prix du carburant et hausse des charges : Rodez : JA et FDSEA maintiennent la pression

La FDSEA et les JA de l'Aveyron ont manifesté leur colère mercredi soir à Rodez. Le coût de l'énergie fait en effet exploser les charges des exploitations agricoles déjà mises à mal par l'inflation du prix des matières premières. Ils ont été reçus par M. Geoffret, préfet de l'Aveyron.

Malgré l'annonce faite par le Ministère de l'Agriculture, de la tenue d'une table ronde au sujet de l'impact du coût de l'énergie sur les exploitations agricoles (voir encadré en bas de page) la FDSEA et les JA ont souhaité maintenir la pression sur le gouvernement en se mobilisant mercredi soir à Rodez.
C'est un cortège «sans pétrole» qui s'est rendu de la place d'Armes jusqu'à la préfecture en début de soirée. Tracteurs à roulettes, vélos et cheval de trait étaient de sortie, comme pour mieux signifier l'impossible équation dans laquelle se trouve les agriculteurs.
D'un côté les charges des exploitations ont connu une progression exponentielle depuis de nombreux mois. Le prix du pétrole a en effet renchéri les coûts des plastiques, lubrifiants, engrais et carburants. Celui des céréales et du soja a fait exploser celui de l'alimentation des animaux.
D'un autre côté, le revenu des fermes aveyronnaises stagne et parfois s'effondre. Impossible en effet pour les agriculteurs de répercuter toutes ces hausses sur le prix de leurs produits. C'est donc un véritable étau qui se resserre sur l'agriculture aveyronnaise. Une impasse économique dont les représentants de la FDSEA et des JA entendent sortir rapidement.
Les 150 agriculteurs présents mercredi soir à Rodez se sont ainsi rendus devant la préfecture. Une petite délégation a alors été reçue par le préfet pendant plus d'une heure.

La goutte de pétrole...

Les revendications portées par les agriculteurs étaient nombreuses.
«Nous avons d'abord demandé des aides de trésorerie immédiates pour faire face aux effets dévastateurs du coût de l'énergie sur nos exploitations», explique le président des JA, Bruno Montourcy. Au menu donc, un carburant professionnel égal à celui des pêcheurs, soit à 40 centimes d'euro le litre, une exonération totale de la TIPP pour l'année 2008 ainsi que de la TFNB.
«Mais nous regardons aussi à plus long terme et souhaitons une véritable politique d'aide à l'investissement pour que les exploitations agricoles trouvent très rapidement des alternatives au pétrole» ajoute Bruno Montourcy. Chimie verte, photovoltaïque, tracteurs basses consommation ont notamment été évoqués.
Mais les demandes des agriculteurs ne pouvaient pas en rester là. Le coût de l'énergie n'est en effet que «la goutte de pétrole qui fait déborder les charges» comme le clament les pancartes brandies pas les manifestants.
La loi de modernisation de l'économie a aussi été abordée et «nous avons fait savoir au préfet que la libre négociabilité des prix agricoles par les grandes surfaces allait accentuer la pression sur le revenu des agriculteurs qui est déjà en berne» lance Bruno Montourcy.
M. Geoffret, préfet de l'Aveyron s'est ainsi engagé à faire remonter les revendications des agriculteurs au Ministère de l'Agriculture, ainsi qu'une lettre au président de la république transmise par les JA qui souhaitent inviter Nicolas Sarkozy à venir déjeuner sur une exploitation agricole et voir la réalité de «la France qui se lève tôt».
La FDSEA et les JA ont d'ores et déjà annoncé que si le gouvernement ne donnait pas des réponses concrètes à leurs revendications, de nouveaux modes d'action seraient rapidement mis en place. A suivre...

Source La Volonté Paysanne

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier