Prix du carburant et hausse des charges : Toulouse : Les agriculteurs voient rouge !

Alexandre Cayrac

Prix du carburant et hausse des charges : Toulouse : Les agriculteurs voient rouge !

Le matin même de la réunion au Ministère de l'Agriculture sur le prix de l'énergie dans les exploitations agricoles, les agriculteurs sont venus lundi à Toulouse répéter leurs revendications au préfet de région. Ils demandent des solutions avant le mois de juillet.

«This is the same in a lot of counties in Europe». Une remarque révélatrice d'un touriste espagnol de passage à Toulouse, contemplant la manifestation des agriculteurs de Midi- Pyrénées, qui confirme que la situation énergétique préoccupe grandement nos voisins européens.
Malgré 15 jours de mobilisation, les agriculteurs français n'avaient pourtant, lundi, pas l'impression d'avoir été entendus de leur gouvernement. A l'appel de la FRSEA et des JA de Midi-Pyrénées, 500 agriculteurs sont venus manifester à Toulouse pour maintenir la pression sur le gouvernement. L'occasion pour Dominique Barrau, président de la FRSEA Midi-Pyrénées de faire une mise au point en introduction.
«Pourquoi les agriculteurs ne s'associent pas avec les routiers dans les manifestations ? Car le coût du carburant n'est pour nous qu'une partie du problème. Les produits dérivés du pétrole, l'efficacité énergétique des fermes et surtout les marges des ditributeurs et des pétroliers pèsent en effet aussi lourdement dans la balance agricole».
«Si le gouvernement manque d'idées pour faire face au problème, nous, nous en avons» prévient Dominique Barrau. Remboursement de la TIPP, exonération de la TFNB pour l'urgence, mais aussi aide à l'investissement dans les alternatives énergétiques et agronomiques et observatoire des marges de la distribution pour le long terme sont les propositions de la profession agricole.

Des solutions avant l'été

«Pour la partie énergétique nous demandons la mise en place de solutions concrètes avant le mois de juillet» annonce Dominique Barrau. «Du côté des marges, nous allons observer scrupuleusement les prix cet été, pour demander au ministère une réunion nationale sur la problématique des charges à l'automne» poursuit le président aveyronnais. Car le revenu des agriculteurs et le prix de vente de leurs produits sont bien au centre du sujet. L'impossibilité de répercuter les hausses de charges sur les prix de vente devient en effet problématique.
Mais Dominique Barrau ajoute : «l'agriculture ne doit pas venir alourdir le panier de la ménagère déjà plombé par la hausse du carburant».
La redistribution des marges est donc bien la solution privilégiée par la profession agricole.
Toutes ces revendications ont donc été portées par une délégation régionale devant le nouveau préfet de région qui «a pris connaisance des problématiques agricole de Midi Pyrénées». A l'issue d'un entretien d'une heure environ, les 7 présidents des fédérations départementales ont fait le bilan.
«Nous avons été entendus par le préfet, reste à savoir si nous le serons à Paris» lance l'un d'eux. Mais les agriculteurs ont prévenu «si le compte n'y est pas après la réunion au ministère, nous n'en resterons pas là.» «Nous avons été très sympathiques aujourd'hui pour discuter et négocier» poursuit un membre de la délégation, «mais s'il n'y a pas une volonté de distribuer la richesse nous reviendrons en employant un ton très différent».
La mobilisation initiée il y a quinze jours par les Jeunes Agriculteurs pourrait donc bien se poursuivre et se durcir.

Source La Volonté Paysanne

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