Prix du lait de vache : FDSEA-JA : riposte et boycott contre les industriels !

D.B.

L'échec des négociations sur le prix du lait de vache interprété comme une provocation par les producteurs laitiers aveyronnais, s'est traduit par une nouvelle escalade du mécontentement avec l'appel au boycott de certains produits laitiers lors d'une action stickage organisée dans les supermarchés du département.

Les actions des producteurs de lait se multiplient en France depuis fin juillet, à l'appel de la FNSEA et des JA, après la décision unilatérale des industriels Bongrain, Lactalis et Bel d'une hausse du prix du lait payé aux producteurs de 13,80 euros/1 000 litres en juillet et août. En Aveyron, la réunion du CODIL du jeudi 29 juillet avait déjà donné lieu au mécontentement chez le transformateur Lactalis, suivie ce lundi par un entrevue des JA de l'Aveyron avec la préfète.
A l'appel de la FDSEA et des JA, les producteurs laitiers de l'Aveyron ont cette fois investi plusieurs rayons laitiers de magasins sur le pays ruthénois et le villefranchois le mercredi 4 août et ce vendredi 6août, pour dénoncer le non respect de l'accord de juin 2009 pour l'instant décidé par Lactalis, Bel et Bongrain qui refusent d'augmenter de 31,10 euros/1000 litres, le lait de juillet.

« Boycottez »

Le camembert Président (Lactalis), La Vache qui Rit (Bel) et le Caprice des Dieux (Bongrain) ont été stickés, marqués par des vignettes «boycottez» destinés à alerter les consommateurs sur l'attitude inacceptable des transformateurs qui mettent en péril les exploitations laitières aveyronnaises. «Ce non accord est une trahison», ont commenté lors d'un point presse organisé mardi à Rodez, les représentants de la section lait FDSEA rassemblant Claude Falip, Michel Costes, LaurentBedel, et Vincent Bousquet, responsable du groupe lait des JA. Les producteurs exigent en effet une augmentation de 31,10 euros/1 000 litres, «un prix qui traduit les index validés par les transformateurs en juin 2009 et qui ne sont pas appliqués en juillet par ces mêmes signataires !» dénonce Claude Falip. Pour Michel Costes, «la situation est aujourd'hui devenue anarchique, le lait de juillet n'est toujours pas payé, voilà les conséquences d'un non-accord national».
La FDSEA et les JA ont décidé d'une riposte commune avec cet appel au boycott. «On veut alerter les consommateurs, pour qu'ils agissent en citoyen, car on ne pourra pas produire du lait dans nos territoires comme le font les allemands plus positionnés sur le marché du lait industriel» clame Claude Falip. «Notre combat est bien celui de la défense de la production laitière dans nos territoires.On veut vivre de notre travail, on réclame simplement un juste retour de l'embellie du marché du lait, après des mois de crise». Vincent Bousquet, au nom des JA, a rappelé que ce retournement positif du marché du lait était vital pour permettre aux jeunes agriculteurs d'assurer enfin leurs emprunts, après des périodes très difficiles.

«Personne ne sera à l'abri»

Michel Costes a prévenu que la riposte des producteurs se traduirait de la même manière avec l'ensemble des transformateurs qui ne respecteront pas l'accord de juin 2009. A ce jour, seul le groupe Danone semble l'appliquer de façon isolée. «Personne ne sera à l'abri» a-t-il ajouté.
«Nous sommes prêts aujourd'hui, si nécessaire, à facturer nous-même notre lait aux transformateurs, le réseau FDSEA est disposé à accompagner les producteurs dans ce sens» affirme Claude Falip.
Pour Michel Costes, «il faut bien comprendre que nous sommes à une étape avec nos actions, et pas au bout de notre riposte. Les pouvoirs publics doivent donc entrer en action, car la contractualisation annoncée dans la LMA a déjà du plomb dans l'aile. Il faut des gendarmes ailleurs que sur les routes» a lâché le président du CODIL (producteurs Lactalis).

Source La Volonté Paysanne

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