Prix du lait de vache : Rodez : les producteurs excédés bousculent Lactalis

Alexandre CAYRAC

Prix du lait de vache : Rodez : les producteurs excédés bousculent Lactalis

Mardi 12 mai, lors d'un CODIL écourté et mouvementé à Rodez, les responsables de l'entreprise Lactalis ont essuyé les foudres des producteurs de lait.

Claude Trévillot, le responsable national de la collecte de lait chez Lactalis «se souviendra longtemps des producteurs aveyronnais» expliquait Dominique fayel, le président de la FDSEA, à la clôture de l'action syndicale menée mardi avec les JA. Le représentant des industriels, qui a la difficile mission d'expliquer dans les départements les décisions de son groupe sur le prix du lait, a été une nouvelle fois chahuté par les producteurs.
Les rumeurs sur une baisse historique du prix du lait enflaient depuis le début de la semaine dernière. En fin de semaine, les premières annonces de prix tombaient dans les régions. Le verdict est terrible : le prix du lait tournerait autour des 200 euros les 1000 litres pour le mois d'avril 2009, soit une baisse de 30% par rapport au premier trimestre 2009. Les représentants des producteurs livrant à Lactalis, réunis au sein du CODIL, attendaient donc de pied ferme le représentant de l'industriel qui devait annoncer officiellement en Aveyron cette «chute libre du prix du lait». La rumeur est vérifiée : Lactalis annonce 201,84 euros/1000 litres de lait. «Nous leur avons fait savoir que nous refusions catégoriquement ce niveau de prix» explique le président du CODIL, Michel Costes.

«C'est du foutage de...»

Les producteurs ont quitté la table des discussions. L'action de la FDSEA et des JA pouvait débuter. La sortie des trois représentants des industriels a en effet fait exploser la colère de la quarantaine de producteurs qui patientait à l'extérieur du bâtiment. Les éleveurs ont (symboliquement) lancé de la poudre de lait et du lait liquide sur les industriels. «Voleurs», «esclavagistes» pouvait-on entendre dans le nuage blanc des contestations. Vexés et la tête basse, les industriels ont alors rapidement quitté la Chambre d'agriculture. Les producteurs se sont ensuite rendus devant l'usine Lactalis à Onet le Château pour y déverser du lisier et des bottes de foin.

Prochaine cible : les pouvoirs publics

«En libéralisant les marchés et les négociations commerciales entre industriels et grande distribution, en interdisant les discussions sur le prix du lait entre producteurs et industriels, les pouvoirs publics français et européens ont mis le feu aux poudres et signent la mort de la filière laitière» proteste Christophe Malgouyres, président de la section bovins-lait de la FDSEA. Dominique Fayel prévient d'ores et déjà que «le 18 mai prochain, la FDSEA et les JA iront manifester cette colère blanche auprès des pouvoirs publics», suivant un mot d'ordre national lancé par la FNSEA et JA.

Source La Volonté Paysanne

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