Prix du lait : L'impossible négociation

Propos recueillis par P. OLIVIERI

La réunion de l'interprofession régionale s'est soldée mardi par un échec. Les représentants des producteurs accusent les entreprises de “ne même pas respecter l'accord national”.

Ce devait être la réunion de la dernière chance. Celle censée renouer le dialogue entre les entreprises et les représentants des producteurs d'Auvergne et du Limousin après des semaines de conflit dur. Un dialogue au Crieal qui semble avoir rapidement tourné court, comme le relate la présidente de la section laitière de la FDSEA du Cantal, Chantal Cor.
Vos représentants régionaux, FRSEA et JA Massif central, ont diffusé un communiqué sévère à l'égard des entreprises, estimant qu'elles ont refusé de répondre aux revendications des producteurs.

Quelles étaient au juste vos propositions ?
Chantal Cor : “Elles n'ont pas bougé d'un pouce : nous demandons toujours une différenciation du prix du lait dans notre région à hauteur de 305 euros / 1 000 litres minimum en période de crise, comme celle que nous subissons. Cette réunion du Crieal, l'interprofession laitière Auvergne-Limousin, était là pour répondre à cette préoccupation. Sachant que le préalable était d'abord de voir comment serait mis en place l'accord national du 3 juin portant sur un prix de base moyen sur l'année 2009 de 280 e / 1 000 litres, hors flexibilité. Mais nos interlocuteurs du secteur privé comme coopératif ont commencé la réunion par une véritable provocation en refusant d'appliquer ces décisions nationales”.

Pour quelle raison ?
C. C. : “Elles font une lecture volontairement erronée de l'accord national, appliquant une baisse de 57 e / 1 000 l par rapport au prix de 2008. Vu qu'elles avaient déjà décroché de la moyenne nationale l'an dernier, cela les conduit à un prix moyen sur 2009 de 276,53 e seulement, auquel il faudrait encore soustraire la flexibilité. Encore une fois les transformateurs font preuve d'un mépris complet à l'égard des producteurs pour lesquels ils n'ont aucune pitié. Plus personne ne comprend cet acharnement à faire baisser le prix du lait ni ces pratiques de bandits. C'est trop facile de dire que le marché ne va pas bien et en même temps d'aller baisser le prix de ses produits transformés pour remporter un contrat. Dans ces conditions, nous avons quitté la table des négociations avant même d'aborder la flexibilité ou encore les AOC.”

FRSEA et JA Massif central ont indiqué que les producteurs de lait “ne vont pas, ne peuvent pas, rester immobiles” face à cette situation. De nouvelles actions syndicales sont-elles prévues ?
C. C. : “Je veux redire combien c'est choquant, après une mobilisation exceptionnelle des producteurs durant dix jours devant le site de Lactalis, d'avoir eu en face de nous mardi un véritable mur. Pour nous, il n'y a que deux pistes : celles des entreprises, pour laquelle nous allons définir une nouvelle stratégie, et celle des élus et pouvoirs publics. Nous l'avons dit et le répétons les producteurs ne peuvent plus continuer à se serrer la ceinture. C'est un enjeu qui dépasse le seul maillon de la production, ce sont tous les emplois de la filière qui, à terme, sont menacés. C'est pourquoi il faut que les politiques s'attellent à ce dossier et que le préfet de Région oblige les entreprises à revenir à l'accord national, c'est un dossier qui relève pleinement de l'échelon régional”.

On lit ici ou là qu'avec le retour de la CVO (cotisation volontaire obligatoire) actée en février sur le prix du lait transformé en AOC, les producteurs ne seraient pas si éloignés des 305 euros...
C. C. : “Ce sont deux choses bien distinctes. Nous demandons une différenciation par rapport au prix de l'accord national parce que les entreprises de la région évoluent principalement sur le marché des fromages qui n'est pas touché par une baisse de prix, contrairement aux produits industriels et de grande consommation. À côté de cela, nous attendons que les entreprises respectent leur engagement sur la plus-value pour le lait transformé en AOC d'Auvergne au regard des efforts fournis par les producteurs pour être conformes aux cahiers des charges de ces appellations. Nous leur rappelons que le premier acompte est censé être versé aux producteurs au 5 juillet”.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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