Prix matières premières : Bruxelles reconnaît un lien entre «activités financières» et volatilité des prix

La Commission européenne reconnaît l'existence d'un lien entre certaines activités financières, notamment sur les marchés dérivés, et la volatilité des prix des matières premières.

« Il est clair qu'il y a une corrélation forte entre les positions prises sur les marchés dérivés et les prix des matières premières elles-mêmes », indique Bruxelles dans ce document, qui doit être approuvé mercredi par l'ensemble des commissaires.

Mais « il est toujours difficile d'évaluer complètement les interactions et l'impact des mouvements des marchés dérivés sur la volatilité des marchés physiques sous-jacents », d'autant que tous ces marchés physiques de matières premières ne fonctionnent pas de la même manière, ajoute-t-il.

Le rapport publié mercredi n'utilise pas le mot « spéculation », si ce n'est en note de bas de page. Mais il relève la « volatilité accrue » et « les mouvements de prix sans précédent » observés ces dernières années sur les marchés de matières premières. Les prix y ont marqué un pic en 2008, puis ont baissé avant de recommencer à augmenter durant l'été 2009.

Parallèlement, le poids des investisseurs financiers sur les marchés de matières premières s'est accru : leurs investissements y atteignaient entre 170 et 205 milliards d'euros en 2008, contre seulement 13 milliards en 2003. Et là aussi, la hausse s'est arrêtée provisoirement après 2008, suite à la crise financière, mais a atteint de nouveaux sommets en 2010, note Bruxelles.


Bruno Le Maire : « la spéculation mérite d'être combattue »

Bruxelles s'était attiré les foudres de la France la semaine dernière, car une version préliminaire du document récusait tout lien entre les spéculations sur les marchés et les cours des matières premières. Bruno Le Maire, s'est dit « soulagé de voir que la Commission a évolué sur ce sujet et a reconnu la part de la spéculation » dans l'accroissement de cette volatilité.

La volatilité « vient d'abord de réalités physiques, d'un déséquilibre entre l'offre et la demande de produits alimentaires » et de la « multiplication des crises sanitaires et climatiques » (sécheresse en Russie, inondations en Australie), a expliqué le ministre. Mais il y a un « troisième étage à la fusée », c'est la spéculation, « qui joue un rôle non négligeable dans la volatilité des prix », a-t-il ajouté.

Les acteurs financiers sur les marchés de matières premières agricoles sont beaucoup plus nombreux qu'il y a dix ans et interviennent de manière beaucoup plus rapide, estime le ministre. « Nous ne pouvons pas accepter qu'un certain nombre d'acteurs financiers spéculent sur la faim dans le monde (...) même si cette spéculation n'est pas une part essentielle de la volatilité, elle mérite d'être combattue. C'est une question économique et une question morale », a ajouté Bruno Le Maire

Source d'après AFP

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