Producteur de porcs : François Gréaud, 3e ex-aequo du prix de l'installation Vendée

Rédaction Vendée agricole

François Gréaud, 3ème ex-aequo du Prix de l’installation Vendée

Lauréat du concours sur l’installation, François Greaud est arrivé 3ème ex-aequo du Prix de l’installation 2012. Son parcours n’est pas commun. C’est un jeune agriculteur avec une certaine philosophie de la vie. A 36 ans, il explique ses choix.

Enfant, François ne rêvait pas devenir agriculteur. Il donnait des coups de main de temps en temps sur l’exploitation de son père à La Chaize-le-Vicomte, mais rien de plus. Il suit une filière générale, un BAC S. Le diplôme en poche, il décide de tenter l’école d’ingénieur en agriculture de Beauvais. La 1ère année ne se passe pas bien. « J’avais un manque de maturité pour assumer une vie en dehors du cadre familial et des études sérieuses » reconnait-il aujourd’hui. Il revient donc en Vendée. Attiré par l’environnement, il s’intéresse au BTS gestion et maîtrise de l’eau, mais va finalement opter pour le BTS ACSE qui lui est conseillé. François en fait un bilan mitigé : « Ça m’a plu, sauf la compta et la gestion. Ça pouvait servir de tremplin. Mais j’étais toujours intéressé par le côté eau-environnement ». Du coup, il part faire un TS+ à Pissotte, avec les Etablières. Il opte ensuite pour des petits boulots, comme l’instruction des dexels à la DDA où il avait déjà réalisé un stage, un mois dans un GEDA… Puis, soudainement, il décide de partir dans un bureau d’études à Grenoble, comme technicien agricole « sur les plans d’épandage, en lien avec des stations d’épuration ». « Il fallait que j’apprenne à me débrouiller seul. SI tu n’essayes pas, tu ne sais jamais de quoi tu es capable » affirme-t-il. François « s’exile » donc pendant 3 ans, se « jette à l’eau pour avancer » dit-il.

Je connaissais les valeurs du métier d’agriculteur !

François veut évoluer professionnellement, et comprend que le diplôme compte. « N’ayant à ce moment aucune attache, ni femme, ni enfant, je décide d’entreprendre des études d’Ingénieur en agriculture. Pendant 2 ans, j’ai suivi la formation continue à l’ENESAD (maintenant Agrosup) de Dijon ». Il y rencontre celle qui deviendra sa femme, Aude. 2006, le diplôme d’ingénieur obtenu, il repart à Grenoble dans le bureau d’études où il travaillait. Aude trouve à son tour du travail en Lorraine, François démissionne pour la rejoindre. Mais le boulot ne court pas les rues. Il travaille dans un atelier de jus de pomme, puis comme magasinier intérimaire, au service de remplacement de la Meuse… « Et c’est à cette période que mon père m’annonce qu’il envisage de préparer sa retraite ». Il se séparait de l’activité truies. « J’ai réfléchi. Entre les difficultés de trouver du travail, ce que j’ai pu connaître du salariat que ce soit au bureau d’études ou dans les petits boulots que j’ai fait, le contexte politico-économique, ma femme qui ne se plaisait plus dans son boulot… Après avoir mis ces éléments dans la balance, ça a été une prise de conscience. Je connaissais les valeurs du métier d’agriculteur. On voulait un enfant. J’avais envie de transmettre ces valeurs. Mon projet d’installation est venu de ce cheminement ». Son père essaye de le dissuader de revenir, de s’installer en porcs. « Il me disait que j’allais perdre une qualité de vie. Il voulait que je comprenne que j’allais devoir vivre en fonction de mon élevage » explique François. Au printemps 2009, il quitte la Meuse pour la Vendée avec l’idée de préparer son installation. Il veut vérifier « si le métier d’éleveur de porcs pouvait bien me convenir ». Il trouve une place de salarié chez Denis Rautureau, au Tallud Sainte Gemme, et y reste jusqu’en mai 2010. « Ce travail m’a permis de mieux me préparer, de comprendre et de faire les choix d’orientation pour mon propre élevage. »

En janvier 2011, il s’installe en EARL avec son père, en système hors-sol naisseur-engraisseur avec 135 truies pour 145 ha de SAU où ils font du maïs, de l’orge, du blé, consommés par l’élevage. « J’ai découvert le métier, même si je connaissais quelques contraintes de l’élevage ; ma femme aussi. Je me sens maintenant plus à l’aise dans mon métier. Cette sérénité est venue d’une 1ère année d’installation pas difficile car les cours s’y prêtaient ». Son père s’occupe plutôt des cultures, et François plus de l’élevage. Quand on lui demande s’il y a un point noir dans le métier, François répond : « la lourdeur administrative. Même pour les fonctionnaires, c’est lourd à piloter. Pour les agriculteurs, c’est tout sauf du concret ». François va de découverte en découverte, avec « des incertitudes sur les résultats, malgré tout ce qu’on peut maîtriser, ration, ambiance du bâtiment… Le prix de l’aliment est élevé, et les cours du porc fluctuent ». A 60 ans, le père de François pourrait prendre sa retraite, mais « il sent le besoin de m’accompagner » déclare François. Après quelques minutes d’hésitation, ce dernier revient sur ses motivations : « ce qui m’a fait revenir, c’est aussi une volonté de comprendre ce qui a mené mon père pendant 30 ans, et aussi de maintenir un patrimoine qu’il a construit ».

Des projets !

François réfléchit désormais au futur départ de son père. « Comme je maîtrise mieux ma place sur l’exploitation, j’y vois plus clair. Étant donnée l’exploitation telle qu’elle est, par rapport au fait qu’il s’agit de l’exploitation familiale que mon père est en train de me transmettre, pour pouvoir se libérer du temps en famille, et aussi par rapport à mes précédentes expériences du relationnel avec d’anciens collègues…. Pour toutes ses raisons, je m’orienterais plutôt vers un salarié ».

Une belle leçon de philosophie

En faisant le bilan de son parcours, François déclare : « J’ai eu des boulots avec des logiques différentes, avec des organisations du travail différentes… ça m’a donné une faculté à rebondir. Il faut rester optimiste quelles que soient les difficultés de la vie. Il y a toujours des solutions. C’est peut-être ma philosophie de la vie. Même si beaucoup d’agriculteurs se plaignent, il existe des tas de moyens de faire le métier d’agriculteur sans se sentir prisonnier. Ne pas perdre de temps à s’apitoyer sur son sort, c’est ma devise ».

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