Projet photovoltaïque : Sécuriser la rentabilité

CER France Gérer pour Gagner, Daniel Causse, expert-comptable

Projet photovoltaïque : Sécuriser la rentabilité

Voici le raisonnement à adopter pour vérifier la rentabilité du projet, utiliser l'effet levier du financement et, au final, bénéficier d'une marge de manoeuvre pour garantir la sécurité des revenus.

Votre projet est-il rentable ?

Des conditions de vente fixées par contrat pour 20 ans : il n'y a que le photovoltaïque pour revendiquer une telle lisibilité. Cette stabilité des contrats se fait-elle au détriment de la rentabilité ? Pour le savoir, calculons ensemble la rentabilité d'un tel projet.

• Commençons par définir la rentabilité. Le taux de rentabilité interne (TRI) du projet est déterminé par l'équilibre entre la dépense initiale et les excédents annuels actualisés sur les 20 ans qui suivent.

• Comment se calcule-t-elle ? La rentabilité “projet” prend en compte annuellement chaque recette et chaque dépense attendue. Ainsi, tous les ans, une partie de l'excédent viendra combler la dépense initiale d'investissement. Au terme des 20 ans, une somme servant au démontage éventuel est à prévoir. Cette somme de flux (dépenses initiales + excédents annuels) est actualisée pour tenir compte de l'effet temps.

• Quel niveau de rentabilité êtes vous prêt à accepter ? Une fois que vous avez réuni toutes les données (potentiel de production, estimation de l'investissement), et que vous avez calculé la rentabilité de votre projet, la bonne question à se poser est : cette rentabilité correspond-elle à vos attentes ? Si oui, déposez votre dossier au plus vite, avant une nouvelle baisse des tarifs de l'électricité. Si non, il s'agit de reposer le problème autrement, en recherchant le niveau d'investissement qui satisfera vos besoins de rentabilité. Mesurez l'écart par rapport aux conditions d'aujourd'hui. S'il est faible, vous pouvez déposer un dossier pour sécuriser le tarif, car vous disposez de 24 mois pour réaliser votre investissement, ce qui vous donnera le temps d'attendre l'opportunité.

Emprunter ou autofinancer ?

Pour adopter le meilleur équilibre entre emprunt et autofinancement, appuyez-vous sur un calcul de la rentabilité des capitaux propres, aussi appelée rentabilité de l'autofinancement. Cette notion est d'autant plus facile à comprendre qu'il y a un différentiel important entre le taux de rentabilité du projet et le taux de l'emprunt sollicité. Ainsi, dans le cas où le taux de rentabilité projet est de 10 % et le taux d'emprunt de 4,5 %, plus vous emprunterez, plus la rentabilité de votre apport personnel sera grande. C'est ce que l'on appelle l'effet levier de l'emprunt. Cependant, même si la rentabilité des capitaux propres est très importante, si vous apportez très peu, vous risquez de ne pas retirer grand-chose !

Comment garantir la rentabilité sur la durée ?

Toutes vos estimations de rentabilité se font sur 20 ans. Ce n'est pas rien… C'est pourquoi il faut aussi penser à la fiabilité des revenus que vous pensez
obtenir. La très grande part de votre réussite réside dans la qualité des produits installés, dans la fiabilité de votre installation et dans les compétences de votre installateur. Non seulement, ils proposeront des solutions techniquement fiables, mais aussi des systèmes de garantie ou de couverture risque. Il ne faudra pas hésiter à les retenir, quitte à diminuer légèrement votre rentabilité, au profit d'une sécurité qui vous rassurera pendant 20 ans !

Source CER France, Gérer pour gagner

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