Projet territorial à Montbazens : Le projet de méthanisation jugé rentable

Didier BOUVILLE

Le projet de création d'une unité de méthanisation territoriale vient de franchir une étape importante suite à l'avis positif de l'étude de faisabilité.Elle a été présentée mercredi 1er décembre à une cinquantaine d'agriculteurs invités par l'association EnergiesVertes Agricoles du Montbazinois (EVAM).

Antoine Stouff, président d'EVAM, a fait un point exhaustif sur les conclusions positives de l'étude de faisabilité du projet de création d'une unité de méthanisation dans lequel veulent s'impliquer les agriculteurs locaux. Le projet prévoit de collecter la moitié des effluents d'origine agricole (lisier et fumier) du secteur, ainsi que des déchets d'entreprises agroalimentaires pour les traiter dans une usine de méthanisation afin de produire du biogaz (biométhane) qui sera injecté dans le réseau de gaz naturel déjà existant sur le plateau de Montbazens.
Quant au digestat brut, résidu issu du processus de méthanisation doté de caractéristiques fertilisantes très intéressantes, il serait épandu sur les terres agricoles des agriculteurs concernés et fait partie intégrante du projet. L'enquête de faisabilité conclut donc à un avis positif, comme l'a développé Antoine Stouff en présence d'une cinquantaine d'agriculteurs aux côtés de représentants de Solagro, entreprise associative toulousaine spécialisée dans l'agriculture et les énergies.Elle réalise notamment des études techniques, d'évaluation et de prospective, des missions d'assistance aux maîtres d'ouvrages... Solagro est associée au groupe de travail animé par EVAM réunissant sept agriculteurs, la communauté de communes de Montbazens, la Chambre d'agriculture, en relation avec les associations aveyronnaises Canopée 12 et Action-Environnement. Cette nouvelle réunion avait pour but d'évaluer l'intérêt de s'engager dans ce projet jugé rentable et d'appréhender les prochaines étapes.

Gain agronomique

L'investissement de l'usine de méthanisation est estimé à environ 9,5 millions d'euros, avec 1,3 million d'euros de charges d'exploitation et un chiffre d'affaires évalué à 2,2 millions d'euros. Le choix du site de l'usine n'est pas connu, de même que le nom du développeur qui doit être choisi lors d'une prochaine réunion fixée à la fin du premier trimestre 2011.
Pour les agriculteurs présents à la réunion, la question de la prise de capital dans la structure a été largement évoquée, et a donné lieu à de nombreux échanges, sachant que les éleveurs engagés et apporteurs de biomasse veulent conserver leur pouvoir de décision, et peut-être devenir majoritaires au sein de la structure qui pourrait être une SAS.
En terme de rentabilité financière du capital investi, elle serait autour de 15%, mais Antoine Stouff a surtout mis en avant les économies substantielles réalisées du fait des épandages de digestat brut dotés d'un pouvoir fertilisant important, sans odeur, et à laquelle est associée une économie de main d'oeuvre évaluée à 60 heures en moyenne. Outre les aspects relatifs aux énergies renouvelables en phase avec les politiques actuelles (7000 tonnes de carbone économisées chaque année malgré le transport routier des effluents), le projet vise à réduire les coûts de production des exploitations agricoles. «C'est l'un des atouts de ce projet territorial, auquel sont déjà associées dans la réflexion les CUMA» précise Antoine Stouff. La caisse des dépôts et consignation (groupe public investisseur de long terme au service de l'intérêt général et du développement du pays) est déjà intéressée par le projet, ce qui prouve sa pertinence.

Source La Volonté Paysanne

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier