Pyrénées-Orientales : Trois passions indissociables

Annie Dennequin

Pyrénées-Orientales : Trois passions indissociables

Gildas Girodeau, oléiculteur à Argelès dans les Pyrénées-Orientales, avoue trois passions : la mer, l'olivier et l'écriture.

«Mon grand-père était menuisier à Collioure, il avait des oliviers que l'on a récupérés et restructurés. En 2001, nous avons constitué le domaine oléicole du Mas Boutet entre mer et montagne, avec Isabelle, mon épouse. Originaire de Touraine, la jeune femme confie : «Je suis venue en vacances à Collioure, il y a dix sept ans et je ne suis jamais remontée.» «J'ai toujours eu envie d'avoir des oliviers», déclare Gildas, qui lui aussi n'était pas du milieu agricole. Directeur d'une école de plongée jusqu'en 2000, il est passionné de mer et de voile. «Je pense que la mer et le métier d'agriculteur ne sont pas incompatibles car jusque dans les années 60, les marins étaient souvent des agriculteurs à mi-temps.» Les dix hectares d'oliviers du couple sont cultivés en bio. La plus grosse partie de la récolte –de fin octobre à janvier, selon les variétés - est envoyée au moulin pour la fabrication de l'huile, les olives de bouche dont une partie est transformée en produits dérivés, sont vendues au Mas Boutet ou sur les marchés, par Isabelle et Gildas.

Le goût de l'écriture et le polar

«Pendant mes années de lycée, on échangeait entre nous des petits feuillets que l'on écrivait, cela m'a donné le goût de l'écriture, reconnaît Gildas, à l'époque je lisais déjà beaucoup.» Le premier manuscrit de Gildas Girodeau publié en 2005 était une nouvelle. Un éditeur de Perpignan –Cap Béar - l'a contacté pour lui dire qu'il était intéressé par son texte et voulait l'éditer dans la collection polar. Il l'a donc modifié en accentuant le côté noir des personnages. « J'ai accepté, d'autant plus que je considère le polar comme un genre littéraire très libre, entre le roman et le roman historique. Dans mes livres, je raconte des histoires et en même temps j'aborde des thèmes de sociétés. » Dans le roman suivant : Nuclear parano, édité en 2007, c'est celui du nucléaire, avec en arrière-plan l'implication française en Afrique qui était abordé. « En fait, j'écris des polars engagés», admet Gildas, qui fait un parallèle entre le travail de journaliste qui écrit une réalité, à celui de romancier, le sien, qui raconte une histoire. « Les auteurs de polars ont la possibilité de jouer sur l'émotion dans leurs écrits, souligne-t-il. Pour moi l'écriture, c'est comme la peinture, le but recherché est le même : déclencher une émotion. »

 

Trois ou quatre mois pour un bouquin

Gildas considère que «tous les auteurs sont des “éponges“ capables d'absorber des faits, puis, de faire monter la mayonnaise. J'ai toujours un thème et un début en tête quand je commence un livre, affirme le romancier, mais la fin de mon roman n'est pas forcément celle que j'avais imaginée au départ. Mes livres font entre 200 et 250 pages, il me faut trois ou quatre mois pour en achever un. Ma première lectrice est Isabelle, elle me donne son sentiment, ensuite je le fais relire par une correctrice. J'accepte facilement ses critiques, je ne suis pas trop attaché à mon texte. Je considère que lorsqu'il est publié, il ne m'appartient plus, ce sont les lecteurs qui se l'approprient.» Pendant les dédicaces, l'auteur catalan aime discuter avec eux et avoir leur avis sur sa prose. Son dernier roman Nuclear Parano a été traduit en catalan en 2008 et présenté le printemps dernier à Barcelonne. Cet été il a été joué par des comédiens sur les ondes d'une radio catalane Radio Arrels. Un nouveau roman de Gildas Girodeau va sortir en novembre. En avant-première JA mag livre son titre et le sujet : Pas de répit pour les cafards. Un roman avec, comme toile de fond, le génocide du Rwanda qui n'épargne pas la France sur ce terrible événement…A lire absolument.

Source JA Mag

Publié par Annie Dennequin

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