Qualité : Désaisonnaliser la production pour fournir toute l'année en label

P.O.

Depuis 2004, on observe une montée en puissance du signe officiel de qualité. Les besoins s'expriment toute l'année et la production doit savoir y faire face.

Pourquoi engraisser des salers de réforme en se conformant au cahier des charges du label rouge ? Géraud Gramond, en Gaec à Saint-Saury, n'hésite pas : “Pour la plus-value”. Actuellement, le kilo carcasse est valorisé 23 F (soit 3,5 e/kg). Bien plus qu'en production conventionnelle qui ne dépasse pas actuellement les 20 F/kg.
“On sait à quoi s'en tenir, malgré le contexte morose du marché de la viande. Notamment depuis la mise en place d'une grille de prix. C'est une sécurité qui fait qu'on ne subit pas les aléas du marché”, explique cet
éleveur. Contrairement à une idée reçue, la production de salers label rouge n'est pas réservée aux systèmes exclusivement en race pure. Le Gaec de Saint-Saury produit essentiellement du broutard croisé, à raison de 140 vêlages par an et près de 250 mâles de repousse (dont 70 nés sur place) dans un bâtiment spécialement conçu pour l'engraissement.

Un outil de sélection logique

Le label rouge permet d'effectuer un tri forcément gagnant dans le cheptel mères. Les plus productives sont conservées pour faire des veaux. Celles dont le poids et la conformité (minimum R-) sont corrects, mais qui demeurent moins productives, partent à l'abattoir relativement jeunes, conformément au cahier des charges du label (moins de huit ans). C'est ainsi que cet élevage de Châtaigneraie a fourni 16 animaux à la filière sur les douze derniers mois.
“La répartition des animaux finis se fait sur les deux tiers de l'année, avec un pic en juin, juillet et août, afin de proposer des animaux labellisés à une période réputée creuse”, témoigne Géraud Gramond. Jean-Marie Fabre, président de l'Association label rouge ne peut que se féliciter de cette stratégie. “Nous avons besoin de qualité et de régularité”, synthétise-t-il. C'est sans doute encore plus vrai depuis que la viande salers label rouge est distribuée dans des grandes surfaces Auchan.

Qualité et régularité

Approvisionner 52 semaines dans l'année, c'est nécessairement accepter pour certains éleveurs de désaisonnaliser. David Pons, responsable de l'association d'éleveurs Elvea (ex Adeca), précise même que ceux qui veulent désormais s'inscrire dans la démarche devront s'engager à fournir les semaines où les besoins se font le plus sentir. Mardi, une vache de six ans et demi partait du Gaec Gramond, direction l'abattoir de Castres.

Source union du cantal

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