Quand il fait froid, il faut se couvrir !

Conseil National CERFRANCE PILIPENKO

Quand il fait froid, il faut se couvrir !

Le risque climatique est inhérent à l’activité agricole. Inclure la gestion du risque dans la stratégie de l’entreprise permet de se couvrir par temps froid !

A noter

La réforme de la DPA, votée dans le cadre de la loi de finances rectificative pour 2012 devrait permettre, semble-t-il, de corriger un certain nombre de défauts : suppression de la condition d’obligation d’assurance récolte, souplesse dans l’utilisation et le blocage des sommes épargnées... Ces dispositions devraient favoriser la constitution de “réserves” d’entreprises pour mieux faire face aux situations délicates.

Quelle exploitation agricole n’a pas eu un jour à faire face à des conditions extrêmes : inondation, incendie, maladie, accident, sécheresse, etc. ? Néanmoins, certains retrouvent rapidement le sourire, quand d’autres font grise mine pendant de nombreux mois. Les premiers ont bâti leur gestion sur la variabilité des productions et des prix. Les seconds ont travaillé sans filets ! L’aléa climatique est d’autant mieux supporté que l’on a pensé qu’il allait arriver et que l’on a pris des mesures pour atténuer ou neutraliser son effet. Les dispositifs privilégiés vers lesquels la société s’oriente depuis quelques années sont de type assurantiels. Se protéger contre la grêle, la foudre, les pertes de récoltes… rien n’est plus simple que de souscrire un contrat d’assurance. Cependant, le coût annuel des primes sera rapidement mis en face d’une probabilité de réalisation de l’événement. Ce paradoxe pourrait être poussé jusqu’à souhaiter l’aléa pour justifier les dépenses engagées. Si l’assurance joue correctement son rôle, l’agriculteur doit payer sa prime pour s’assurer contre un événement qu’il ne souhaite pas voir arriver et, pour ce faire, mieux vaudra établir un contrat qui permette de couvrir les frais plutôt que des rendements hypothétiques. L’intérêt de rechercher l’atténuation des conséquences de l’aléa plutôt que sa suppression réside dans une baisse significative du montant annuel des primes. 

Une autre voie consiste à se constituer ses propres réserves. Les anciens parlaient de “grenier d’avance”, d’autres de “bas de laine” ou de “matelas”. Bref, le principe est simple : les bonnes années, le surplus est placé, l’épargne constituée servira les mauvaises années. Dans cette vision, ce ne sont plus les variations de rendements qui importent, mais la maîtrise des flux de trésorerie.

Bien évidemment, la tentation, les bonnes années, est d’augmenter le niveau des dépenses au risque de manquer de couverture pour les mauvaises années. L’intérêt de réaliser des budgets prévisionnels est mis en évidence pour favoriser l’épargne d’écrêtement. En ce sens, le législateur est intervenu pour faciliter l’arbitrage du chef d’exploitation. En créant le dispositif de la DPA (déduction pour aléa), le gouvernement espérait, grâce à un avantage fiscal immédiat, inciter l’agriculteur à constituer des réserves d’autant plus significatives que l’avantage fiscal pourrait être important ! Malheureusement, ce dispositif complexe est, en définitive, peu utilisé par les exploitants. Si l’obligation d’épargne n’est pas contestée, trop de freins viennent entraver l’efficacité de la mesure : citons par exemple l’obligation d’assurance, dès le début de l’exercice au cours duquel on souhaite pratiquer la DPA, les délais à respecter pour l’épargne ou le retrait des sommes ou encore la réintégration fiscale des fonds utilisés. Le législateur souhaite d’ailleurs faire de la DPA un vecteur de protection des entreprises. Il devra profondément réformer le dispositif actuel.

Quand il fait froid, il faut se couvrir !

Une protection efficace passe également par l’examen de son bilan et de ses indicateurs financiers. Non seulement un fonds de roulement excédentaire sera recherché, mais il est nécessaire que l’excédent soit intégré dans des actifs rapidement mobilisables : stocks prêts à vendre, placements de trésorerie, disponibilités bancaires. Nous recherchons à la fois un fonds de roulement largement supérieur au besoin en fonds de roulement structurel et une solvabilité importante.

En définitive, plus la gestion de l’exploitation agricole favorise la constitution de réserves de manière régulière, plus la réponse face à la crise sera aisée. C’est bien en constituant des réserves dans le temps, complétées par un dispositif d’assurance en couverture des coûts, que la protection sera la plus efficace.

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Commentaires 1

chenes

L' assurance aléas climatiques doit évoluer pour qu'elle soit atractive. La notion de rendement doit être supprimée, ce qui règle le problème de la franchise(très importante)et la fraude sur ce type de contrat. Je suis pour un système qui assure la remise en place d'une culture en cas d'accident climatique sachant qu'assurer un rendement coûte chèr et il est très difficile de toucher la prime en cas d'accident du fait de la franchise hors norme appliqueé sur ce type de contrat.

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