Que d’eau, que d’eau !

Catherine Perrot

Du côté de Nozay, beaucoup de blés ont eu les pieds dans l’eau début janvier. Mais dès le 7 janvier, jour de prise de ce cliché, l’eau commençait déjà à refluer dans cette parcelle drainée.
Du côté de Nozay, beaucoup de blés ont eu les pieds dans l’eau début janvier. Mais dès le 7 janvier, jour de prise de ce cliché, l’eau commençait déjà à refluer dans cette parcelle drainée.

Le département de Loire-Atlantique a subi les effets de la tempête Dirk, puis des pluies massives, ces 15 derniers jours. Mais sans grands dégâts agricoles. Pour l’instant… 

En Loire-Atlantique, en ce début janvier, beaucoup de cultures ont les pieds dans l’eau. Même dans les parcelles drainées ! Mais pour l’heure, cela n’inspire pas trop d’inquiétude : « Pour les éventuelles conséquences, tout dépend du temps d’inondation » explique Marc Chéreau, conseiller en agronomie de la chambre d’agriculture sur le secteur de Châteaubriant.
« Je vois que ça s’écoule vite », remarque pour sa part un exploitant de Nozay, en observant sa parcelle de céréales : « Hier, on avait de l’eau partout, maintenant, on n’a plus que des flaques ». Cette décrue, commencée aux alentours du 7 janvier, est une bonne nouvelle, car il a quand même beaucoup plu ces deux dernières semaines. « On constate que les relevés pluviométriques sont globalement ceux de la même période de la campagne passée », décrit Jean-Luc Gayet, conseiller agro à Ancenis. Pour lui, cependant, la situation est moins mauvaise que l’année dernière, car « les semis de céréales d’hiver 2013, contrairement à 2012, ont pu être réalisés dans des conditions correctes avec de bonnes levées ».
« Je constate quand même une grosse différence entre mon colza, semé fin août, en bonnes conditions, et mon blé, semé le 20 octobre, en conditions déjà limites. Le colza se porte très bien, il n’y a pas d’eau stagnante. Mais il est vrai que nos sols sont des sols argileux, « compliqués » », poursuit l’exploitant de Nozay.

 

Rendez-vous dans un mois

Sur le secteur d’Avessac, assez touché par les inondations, car proche de la Vilaine, Hervé Robin, observe aussi que ses céréales ont les pieds dans l’eau. « Mais pour les dégâts, on en saura plus dans un mois ». Et d’ajouter « que les gens sont habitués » dans son secteur. Même constat de « l’habitude d’avoir de l’eau », pour ce qui concerne les prairies de marais de Grandlieu : « Heureusement qu’on n’a pas eu autant d’eau que nos collègues bretons ! », confie Michel Coudriau, de Saint-Lumine de Coutais.
Du côté du Pays de Retz, les premiers échos sont aussi plutôt rassurants : « Les blés s’en sortent bien sauf des ronds humides. Il y a cependant une inquiétude pour les blés semés en décembre, pas assez développés pour supporter l’excès d’humidité », selon Philippe Lemaire, conseiller agro à la maison régionale de Sainte-Pazanne.

 

Si le risque de perte de plants n’est pas pour le moment avéré, celui de perte d’azote est certain : « La lixiviation de l’azote (ammoniacale et nitrique) fait craindre de faibles reliquats sorties hiver ainsi que des carences en souffre et phosphore », analyse Jean-Luc Gayet. Ce que confirme son collègue Philippe Lemaire : « Cette année, il y a aura peu d’économie d’azote en perspective ! ». Car, comme le souligne cet exploitant de Nozay : « Il va falloir en mettre de l’azote, pour que ça s’accroche ! ».
Autre inquiétude : un retour du froid ! « Pour l’instant, le temps est doux et donc favorable au redémarrage de la végétation ; la crainte serait une période de gel intense consécutive à l’excès d’eau » selon Jean-Luc Gayet.
Du côté des dégâts matériels, même dans les secteurs inondés, les exploitants n’en déplorent pas trop : à Avessac, un arbre est certes tombé sur une ligne électrique, générant une coupure de quelques heures, « mais le groupe électrogène de l’élevage a pris le relais », rapporte Hervé Robin. À Blain aussi, où plusieurs routes ont été inondées, Martin Pelé rapporte « de l’eau dans les bâtiments génisses ». L’un de ses voisins a vu l’eau monter dans ses logettes… mais s’arrêter… juste à la marche : ouf, les vaches n’ont pas eu à nager !

 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier