Questions de régionalisation

Avenir agricole et rural de la Haute Marne 52

Lors de la dernière session, la régionalisation de la CCI a été évoquée, ainsi que la réforme de la PAC.

Des comptes positifs

Comme à l’accoutumée, Christophe Fischer, le président de la Chambre d’Agriculture de la Haute-Marne a introduit la session de la Chambre en présentant la conjoncture qui est globalement favorable. Il souligne le bon état végétatif du département avec des marchés encourageants pour les cultures, comme le blé, l’orge ou le maïs. Le marché de la viande bovine est calme, la consommation est au ralenti et la baisse de la production mondiale stabilise les cours. Les conditions sont rassurantes pour les exploitants laitiers qui devraient gagner entre 25 et 30 euros supplémentaires par rapport à l’année dernière, soit entre 360 et 380 euros/1 000 l. La production de lait ne baisse pas et le nombre d’arrêts d’exploitations est moindre en 2013 qu’en 2012.

Jean Cavalié, le directeur de la Chambre a présenté l’état des comptes. Les recettes sont de 6 7774 694 euros, elles sont composées à 53 % des prestations de services et à 47 % de subventions d’exploitations et d’impositions. Avec 6 739 688 euros de dépenses, les résultats présentent un excédent de 35 006 euros. Les comptes ont été équilibrés grâce à une vigilance accrue sur la maîtrise des dépenses (baisse de 2,2 % des charges de fonctionnement) et la gestion des impayés couplée à une augmentation du nombre de prestations de services. Dans un souci de maîtrise des charges, la Chambre va fermer son antenne de Montigny-le-Roi au mois de juin. De même, sa participation à la foire de Chaumont sera allégée : il n’y aura pas de concours bovin, mais l’implantation d’une mini-ferme. Elle organise la fête de l’élevage, les 8 et 9 mai au lycée agricole de Choignes.

L’exemple de la CCI

Christophe Fischer a souhaité sortir de la réflexion agricole pour élargir le débat avec les dirigeants de la CCI de la Haute-Marne. La CCI est le deuxième formateur en France après l’Education Nationale. En Champagne-Ardenne, l’activité se stabilise, les prévisions restent très prudentes, avec des situations contrastées selon les départements. La trésorerie est moins dégradée, mais reste favorable avec une légère amélioration de l’investissement. Il y a une nouvelle stabilité des effectifs qui devrait se poursuivre, avec des intentions d’embauche en progression.

La conjoncture est fragile pour les industries en Haute-Marne, avec des chiffres d’affaires en repli pour une majorité d’industriels, mais les prévisions sont plutôt favorables pour les mois à venir. Les dépenses d’investissements sont stables et devraient se poursuivre, les perspectives de recrutement concernent plus d’une entreprise sur deux. Le commerce de détail reste en revanche dans une situation défavorable qui devrait se prolonger, la trésorerie se dégrade progressivement. Les effectifs sont stables, avec très peu de perspectives de recrutement. Dans le secteur du bâtiment, les chiffres d’affaires sont en recul, l’activité en volume se contracte et les prix de vente sont à la baisse. Pour les prochains mois, aucune amélioration n’est envisagée par les chefs d’entreprise et les carnets de commandes pourraient même se dégarnir. Jean-Bernard Hergott, le directeur de la CCI de la Haute-Marne a souligné l’importance de l’accompagnement d’une jeune entreprise, en vue de sa pérennisation. Il souhaite également faire du numérique « un outil de développement de la région » et a lancé une enquête pour connaître les demandes des consommateurs haut-marnais.

La régionalisation de la CCI

Suite à la réforme de la loi de juillet 2010, les cinq CCI territoriales de la région se rapprochent et vont fusionner. L’objectif est de faire des économies avec une simplification administrative, mais aussi de redéployer les dépenses liées aux sièges territoriaux pour mener davantage d’actions de proximité, notamment dans les petites villes et les services aux entreprises. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Région (CCIR) va exercer l’ensemble des missions du réseau, elle pourra assurer la maîtrise d’ouvrage, d’infrastructure ou d’équipement. La CCIR va encadrer et soutenir les activités des CCIT, définir une stratégie régionale du réseau en établissant un schéma directeur. C’est elle qui adoptera le budget et les schémas sectoriels encadrant les projets. La CCIR en a établi plusieurs, d’abord développer une offre de services aux entreprises homogène en Champagne-Ardenne, puis mettre l’innovation au service des mutations industrielles et de la compétitivité, et également structurer une offre touristique régionale. Elle désire aussi construire une fonction d’observatoire et d’intelligence économique territoriale, et enfin elle veut mettre en adéquation l’offre de formation avec les besoins des entreprises. Actuellement, les ressources humaines, l’informatique et la direction administrative et financière sont déjà régionalisées, pour l’avenir, trois projets sont en discussion. Un premier scénario serait un partage de pratiques, chaque entité conserve son organisation, ses modes de fonctionnement et sa contrainte budgétaire. Il est également possible d’aller vers une convergence avec la création d’une entité « finances, achats, juridiques » fonctionnant en prestataire de services pour les différentes CCIT, la territorialisation serait alors maintenue. Le dernier projet à l’étude est la régionalisation globale : un seul service assurant la gestion achats, finances et marchés de toutes les CCIT. Michel Auer rassure « Il nous faut faire des économies pour tenir le budget, mais pour l’instant nous n’avons pas besoin de licencier ».

Inquiétudes sur le deuxième pilier

En 2012, la région a touché 550 millions d’euros pour le premier pilier, à partir de cette année, ces aides ne seront que de 400 millions. Le deuxième pilier (FEADER) est de 201,7 millions d’euros, mais pour 7 années. Le FEDER représente 183,2 millions d’euros et le FSE 39,5 millions d’euros pour cette même durée. Pascale Gaillot, la directrice de la Chambre Régionale d’Agriculture souligne que « Le deuxième pilier n’est pas anecdotique pour le revenu des agriculteurs, il représente environ 10 % du montant total des soutiens, contre 1 à 2 % dans certains autres départements de la région ». Le Conseil Régional joue à cache-cache en ne tenant pas compte de la spécificité de la Haute-Marne, qui perd beaucoup pour le premier pilier. Les agriculteurs et les syndicats n’ont pas été associés à ce projet, ils sont inquiets car ils redoutent une baisse du second pilier et de son application. « Le taux de l’IFT régional est en notre défaveur, il va nous poser problème, mais cela peut encore évoluer » déclare Christophe Fischer. La Chambre d’Agriculture devrait transmettre les envies des exploitants au Conseil Régional, mais la programmation doit être finalisée le 14 avril.

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