Rats taupiers : une indemnisation exceptionnelle très partielle

Propos recueillis par P. OLIVIERI

Une enveloppe exceptionnelle de 1,5 million d'euros a été débloquée par le ministère de l'Agriculture suite aux pullulations de rats taupiers.

L'État vient de débloquer une enveloppe de 1,5 million d'euros destinée à indemniser partiellement les pertes dues aux dégâts des campagnols terrestres. On est loin de l'estimation des pertes réalisée l'été dernier qui s'élevait à plus de dix millions d'euros...
Géraud Fruiquière, vice-président de la Chambre d'agriculture et délégué FDSEA du canton de Mauriac : “Effectivement, on ne comblera pas les pertes subies par les nombreuses exploitations les plus touchées qui, pour certaines, s'élèvent à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Mais c'est mieux que rien. Surtout, c'est la première fois qu'on obtient des fonds pour prendre en charge des dégâts du campagnol terrestre.”
Patrick Escure, président de la FDSEA : “On aurait bien sûr voulu faire beaucoup plus et privilégier les secteurs infestés au printemps 2010. Mais cette enveloppe, qui prendra la forme d'une prise en charge de cotisations sociales (MSA), est exceptionnelle. Elle découle du travail important que nous avons conduit l'an passé avec une première réunion dès le mois de mai à Saint-Bonnet-de-Salers, suivie d'une autre à Trizac en présence du préfet, de l'administration départementale et du député Descoeur. L'objectif pour nous a toujours été et reste d'apporter une solution pour les exploitations les plus touchées qui ont perdu des fourrages en 2010.”

Qui et où ?

Concrètement, qui pourra émarger à ces crédits ?
P. E. : “L'administration régionale avec l'appui de la FDGDon (Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles) a délimité une carte avec deux zones dont les exploitations seront indemnisées à des taux différents. J'attire l'attention des éleveurs qui envisagent de déposer une demande d'indemnisation sur le fait que des contrôles seront réalisés par l'administration qui vérifiera qu'ils peuvent bien justifier de l'incidence économique des dégâts de rats taupiers sur leur exploitation. Il leur faut donc être en mesure de présenter des factures d'achat de fourrages, de locations d'estive, de resemis de prairies... Il faut aussi savoir qu'en renvoyant leur imprimé, ils s'engagent à adhérer à une démarche de lutte collective contre les campagnols terrestres sur les deux années à venir.”
G. F. : “Du côté de la profession, nous aurions préféré que cette aide soit directement indexée sur les pertes directes subies, mais cela n'a pas été possible en raison de la lourdeur administrative qu'aurait nécessité ce dispositif. Cela dit, il nous paraît pertinent de distinguer deux zones en fonction des niveaux d'infestation effectivement constatés, la zone 2 correspondant ainsi aux zones les plus durement touchées dès fin 2009.”

L'avenir

Quid de l'avenir ?
P. E. : “Le principe d'une future prise en charge des dégâts des rats taupiers par le fonds sanitaire instauré par la Loi de modernisation agricole est acquis. Nous souhaitons que ce dernier puisse se mettre en place dès 2011, nous y travaillons en lien avec les autres régions concernées, Franche Comté et Midi-Pyrénées, sachant que ce fonds devra être alimenté par une cotisation des éleveurs. C'est à cette seule condition qu'État et Europe apporteront leur contribution financière. À nous maintenant de créer au plus vite ce fonds.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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