Réforme de la PAC : explication de texte sur le terrain dans l'Orne

T.Guillemot

Réforme de la PAC : explication de texte sur le terrain dans l'Orne
Isabelle David (préfet de l'Orne) entourée de Jean-Louis Belloche (président de la Chambre d'agriculture de l'Orne) et de Vincent Royer (directeur départemental des Territoires de l'Orne). Si du côté de l'Etat, on se réjouit d'une réforme de la PAC plus verte, plus équitable et qui va dans le sens de l'installation des jeunes agriculteurs, le représentant de la profession a fait preuve de beaucoup plus de prudence dans son analyse. - © TG

DDT (Direction Départementale des Territoires) et Chambre d'agriculture de l'Orne prennent leur bâton de pèlerin pour expliquer la réforme de la PAC sur le terrain. Du 6 au 13 mars, 5 réunions d'information sont programmées.

Prenez date
La DDT et la Chambre d'Agriculture organisent
une campagne d'information auprès des exploitants
afin d'expliquer les nouveautés de la PAC 2015. Les réunions d'information se tiendront le :
• Vendredi 6 mars à 10 h à la salle polyvalente
de CHAILLOUE,
• Mardi 10 mars  à 10 h à la salle polyvalente
de ST-HILAIRE-DE-BRIOUZE,
• Mercredi 11 mars à 10 h à la salle polyvalente
de LA-HAUTE-CHAPELLE,
• Jeudi 12 mars à 10 h à la salle polyvalente
de ST-LANGIS-LES-MORTAGNE,
• Vendredi 13 mars à 10 h à la salle du Tahiti à GACE.

"Une réforme de la Politique Agricole Commune plus verte, avec plus de régulation et qui favorise l'installation”. Devant la presse lundi soir, Isabelle David (préfet de l'Orne) a vanté les évolutions positives de la réforme de la PAC 2015/2020 avec son système de DPU (Droit à Paiement Unique) remplacé par un nouveau système d'aides découplées qui comporte 4 briques d'aides : les Droits à Primes de Base (DPB), le verdissement, le paiement redistributif (sur-prime sur les 52 premiers hectares) et, le cas échéant, le complément jeune agriculteur.

La profession beaucoup plus circonspecte

Du côté du président de la Chambre d'agriculture, Jean-Louis Belloche, la lecture n'est pas exactement la même et de rappeler que la Ferme Orne a touché, en 2013, 129 ME de compensations PAC correspondant à 100 % de son revenu. “De 2015 à 2020, nous allons perdre 10 % de l'enveloppe 2013. Certains agriculteurs vont percevoir un peu plus. D'autres, beaucoup moins. S'il n'y a pas rattrapage sur les prix, ça va être difficile”, pronostique-t-il.

Le ciel s'assombrit particulièrement pour l'engraissement bovin. “J'ai peur que certains arrêtent alors que nous avons des outils industriels à faire tourner. Quand on voit ce qui se passe à côté...”, craint Jean-Louis Belloche. Autre filière impactée, le lait pour une partie mais reste à savoir comment vont se tenir les cours dans les années à venir. Même le dispositif “jeune” ne séduit pas plus que cela. “2 500 e/an pendant 5 ans. Quand on connait les niveaux d'investissements nécessaires à l'installation”

La haie sanctuarisée  ?

Du côté des représentants de l’État, on se veut rassurant et pédagogique. Rassurant “parce que la nouvelle PAC va réduire les inégalités entre les territoires en lissant le montant des aides”. Pédagogique en proposant une série de réunions d'information (voir encadré). Restent cependant quelques interrogations encore sans réponse (notamment sur les MAEC), voire quelques surprises.

Si on se défend du côté des pouvoirs publics d'avoir voulu “sanctuariser les haies”, “y aura-t-il possibilité de faire des transferts de haies ? Ce n'était pas clair il y a encore quelques jours”, a souligné le président de la Chambre d'agriculture. Réponse de Vincent Royer (directeur de la DDT) : “le transfert est possible. Nous avons maintenu des marges de manoeuvre pour déplacer des haies”. Possible mais pas forcément pratique.

Comme l'avait souligné Anne-Marie Denis (présidente de la FDSEA 61) lors de son intervention à l'assemblé générale de JA, “un agriculteur qui veut regrouper 2 parcelles contiguës entourées de haies en voulant s'affranchir de celle du milieu devra-t-il replanter une double haie sur les extérieurs ?” Apparemment “non” mais replanter l'équivalent “ailleurs”, certainement “oui”. Un sujet qui risque d'alimenter bien des conversations. Tout d'abord parce qu'il s'agit d'un dispositif franco-français et que nombreux sont les agriculteurs qui estiment qu'on a déjà beaucoup trop tendance, dans l'hexagone, à vouloir laver déjà plus blanc que blanc. Ensuite parce ce que ce dispositif pénalise avant tout les bons élèves qui ont cherché à maintenir un maximum de linéaire de haie sur leur exploitation. En haut et du côté de l'IGN, on cartographie en ce moment les haies. En bas sur terre, “il faut poursuivre le développement de la Ferme Orne”, conclut Jean-Louis Belloche. Rien d'incompatible à priori entre l'un et l'autre. A condition toutefois de ne pas faire preuve de dogmatisme.

Source l'Agriculteur Normand

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