Régis Lavergne engraisse des lapins

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15 .

Régis Lavergne engraisse des lapins
Une journée très suivie, à Rouziers, où l’éleveur a ouvert les portes de son nouveau bâtiment.

Les éleveurs de lapins sont essentiellement naisseurs. À Rouziers, il en est un qui achète ses lapereaux pour faire du lapin lourd.

L’investissement est conséquent : 472 733 euros. Régis Lavergne avait besoin de nouveaux bâtiments pour pérenniser une activité singulière : il engraisse des lapins qu’il revend lourds. Un fonctionnement rare, y compris au niveau national. Si l’éleveur du Prat de Rouziers ne cache pas les difficultés éprouvées pour trouver un prêt bancaire, il a la satisfaction d’avoir pu conduire le projet à terme. Jeudi 30 juillet, une journée portes-ouvertes était organisée par les principaux partenaires de ce développement agricole.

Quatre salles

Il s’agit donc de quatre salles équipées dans un grand bâtiment “en dur” de 1630 m2, construit essentiellement par des entreprises locales. Dès le 14 août, les cages vont se remplir. Les lapins tourneront sur trois salles pendant que la quatrième servira de vide sanitaire tampon, rappelant au passage combien ce type d’élevage est sensible. Cet équipement va remplacer les anciennes cabanes qui réclamaient bien plus de temps de travail, ne serait-ce que pour ventiler en ouvrant ou fermant manuellement chaque porte ou chaque fenêtre. En outre, la capacité accrue va permettre de booster la production.
Les lapereaux sont achetés à l’EARL du grand Claud en Dordogne. Ils sont nourris avec de l’aliment non-OGM produit à Murat par l’entreprise Jambon alimentation animale, durant 84 jours. Il s’agit alors de lapins lourds pesant entre 2,850 kg et 3 kg, tandis que le standard est abattu à 70 jours et pèse plutôt autour de 2,4 kg. Ils sont vendus à de petits abattoirs et certains de ces clients, présents lors des portes-ouvertes, ont témoigné d’une qualité “proche du lapin de ferme”.

Le parcours

Les marges sont proportionnellement identiques à une production standard. Vendu autour de 2,5 €/ kg livré, prenant en compte des charges plus lourdes comme les frais de transports, davantage d’aliment consommé, un bâtiment qui coûte presque deux fois plus cher, etc.”, précise l’éleveur. “Je suis un ancien salarié de l’industrie agroalimentaire et j’avais dès 2005 la ferme intention de m’installer. Je me suis inscrit au RDI”, a expliqué Régis Lavergne, 42 ans. Il confie qu’il n’est pas facile de choisir la filière bovine quand on est hors cadre familial, sans foncier. “En 2007, je rencontre Jean-Marc Asfaux qui cherche à céder son élevage de lapins en cabanes.” Après un stage parrainage de six mois, il se lance. “La production était standard mais de bonne qualité. Elle demeurait insuffisante avec 200 lapins livrés par semaine, alors que la demande était d’au moins 300”, se souvient-il.
Aux quatre clients historiques, le repreneur en ajoute trois autres. Régis Lavergne est en outre inscrit sur la plate-forme Agrilocal 15, qui encourage les circuits courts dans la restauration collective. Autant d’initiatives saluées par les élus locaux, Denis Vieyres, maire de Rouziers, et Joël Lacalmontie, conseiller départemental.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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