Rendez-vous à Ars-sur-Formans dans l’Ain

JA Mag

Rendez-vous à Ars-sur-Formans dans l’Ain

Qui sont-ils ?Dorian Brun, 29 ans, est installé à Villeneuve en lait et céréales en Gaec à deux associés. Il est membre du bureau des JA de l’Ain et président du Comité d’organisation de la FNL. Benjamin Fray, 25 ans, est installé sur la commune de Saint-Trivier-sur-Moignans en lait et céréales en Gaec à trois associés. Il est responsable du pôle aménagement pour la FNL.

L’agriculture de l’Ain en chiffres :

Rendez-vous à Ars-sur-Formans dans l’Ain

4 100 exploitations

 247 000 hectares de surface agricole

 6 exploitations sur 10 sont spécialisées en grandes cultures ou élevage bovin

 214 Cuma

 145 800 porcs

 29 690 ovins, principalement ovins viande

 6 300 caprins, avec transformation du lait à la ferme pour de la vente directe

 3 103 000 volailles

 100 000 ha de grandes cultures dont la moitié de maïs grain

(Source : chambre d’Agriculture de l’Ain)

Rendez-vous à Ars-sur-Formans dans l’Ain

Quelles sont les spécificités agricoles du département ?

Dorian Brun (DB) : Commençons par les spécificités animales. La filière bovin lait est la principale sur le département. Nous avons de la volaille de Bresse, des vaches allaitantes et également une grosse partie céréalière dans la plaine de l’Ain. En zone de montagne, c’est la production laitière qui prime. Benjamin Fray (BF) : En Dombes, on trouve aussi beaucoup de polyculture élevage, privilégiant la production laitière.

DB: Dans le département, nous avons 10 appellations dont cinq AOC, quatre AOP, une IGP.

BF: L’Ain est divisé en quatre zones géographiques distinctes : la zone de plaine qui est la Dombes, où l’on trouve beaucoup d’étangs et de la pisciculture, ainsi que de l’élevage laitier. Le Bugey rassemble des élevages laitiers avec transformation du lait en comté et bleu de Gex, ainsi que des vignobles, produisant le vin du Bugey (blanc, rouge et cerdon). La sylviculture est également présente sur le territoire. La Bresse, orientée polyculture et élevage, est le berceau du poulet de Bresse.

Combien d’installations ont été recensées en 2012 ?

DB : Nous sommes à près de 100 installations pour le département, dont 43 sont aidées. Les JA de l’Ain défendent en priorité l’installation. Notre but premier, c’est une installation pour un départ en retraite. Il faut que nous installions le maximum de jeunes, et surtout, que ces installations soient viables et vivables.

Par quel biais défendez-vous les intérêts des jeunes agriculteurs dans l’Ain ?

DB : Nous sommes un département dynamique, avec près de 300 adhérents. Nous organisons différentes actions, certaines ayant lieu chaque année, d’autres étant plus ponctuelles, en fonction de l’actualité. Annuellement, nous mettons en place entre février et mars, lors de la Semaine de l’installation, une intervention dans des écoles par des jeunes agriculteurs nouvellement installés. Ils viennent témoigner de leur parcours à l’installation, parler de leur métier et répondre aux questions. Depuis trois ans, nous organisons aussi des inaugurations d’installations. Il est à noter que j’ai organisé la première d’entre elles. L’objectif est de mettre en avant des jeunes, installés depuis moins d’un an, en invitant sur leur exploitation les élus locaux, les partenaires ainsi que la presse. Les jeunes décrivent alors leur parcours à l’installation, sous quelle forme sociétaire ils se sont installés…

BF : Il est important de noter que nous avons une bonne cohésion entre le réseau JA et FDSEA en outre, nous sommes présents à la chambre d’Agriculture. Fin 2012, nous avons réalisé une action sur le foncier menée par les JA mais soutenue par la FDSEA, sur une zone industrielle qui a pris 25 ha depuis 10 ans, en friche encore aujourd’hui. Nous avons semé une partie de blé pour tenter de le récolter. Nous avons pris contact avec le propriétaire du terrain, qui nous a assuré que les choses bougeraient dans les 6 mois. Aujourd’hui, rien n’a été fait. Nous sommes très pris par la FNL et avons dû mettre de côté le projet pour l’instant, mais une fois l’événement terminé, nous marquerons le coup. Nous sommes assez actifs dans l’Ain. Au mois de mars, avant la manifestation pour l’élevage à Paris, nous étions intervenus devant Leclerc pour contester le prix du lait.

DB : Nous espérons aussi augmenter le nombre d’adhérents après la finale, car celle-ci a vraiment permis de fédérer les cantons en les faisant activement participer à l’élaboration de l’événement. Cela permet de resserrer les liens aux niveaux cantonal, départemental et régional. Nous nous sommes fixés l’objectif d’une cinquantaine d’adhérents supplémentaires. L’entente est très bonne, il n’y a pas de raison que ça change.

Rendez-vous à Ars-sur-Formans dans l’Ain

Pourquoi avoir postulé à la 60e FNL ?

DB: Au départ, nous étions candidats pour la Finale mondiale de Labour de 2014. C’est la Gironde qui en a décroché l’organisation et finalement, nous sommes très contents de pouvoir organiser la finale nationale. Ce qui a motivé notre choix, c’est bien sûr le fait que soyons un département de champions de labour. Nos aînés avaient organisé la finale de 1995, 18 ans après, nous remettons ça, pratiquement sur le même site à un kilomètre près. Le but de cette action est aussi de redynamiser notre département, ou plus précisément, de fédérer les cantons à la structure départementale.

BF : L’idée de postuler a été proposée en bureau, nous l’avons ensuite soumise lors de notre assemblée générale de février 2012, puis tout s’est enchaîné.

Comment gérez-vous, au niveau de JA 01, une telle organisation ?

DB : Christelle (Groussard, responsable du service Communication JA national, ndlr) est venue nous expliquer, dans un premier temps, les grandes lignes de l’organisation. Nous avons ensuite créé un Comité d’organisation comprenant 10 pôles différents dont chacun dépend d’un canton. Le pôle Aménagement est géré par le canton de Saint-Trivier-sur-Moignans. Le pôle Sécurité est géré par un canton voisin. Le pôle végétal l’est par la plaine de l’Ain. Le pôle Animal par le Bugey. Il y a aussi les pôles Restauration générale, Restauration rapide, Buvette, Communication, Compétition et Animation. Il y a un 11e pôle, celui des bénévoles qui est géré par deux anciens JA ainsi que Delphine, l’animatrice syndicale. Nous avons trois animatrices : Delphine pour les bénévoles, Léa qui est l’animatrice dévolue à la finale et Elodie, animatrice régionale mise à disposition pour un mi-temps qui gère le budget et les pôles Animal et Végétal. En renfort, nous avons embauché Xavier pour travailler sur la communication de l’évènement. Le premier Comité d’organisation a eu lieu fin août 2012. Nous avions eu la réponse positive pour l’organisation de la finale au mois de mai, et Christelle est intervenue pour nous conseiller dans l’organisation. Quand on m’a proposé le poste de président du Comité d’organisation, je n’imaginais pas au départ ce que cela impliquerait au niveau organisation ! Nous mettons en place un Comité d’organisation tous les derniers vendredis de chaque mois, ce qui nous permet de travailler par pôle, avec les cantons qui y sont rattachés. On a une très bonne équipe derrière nous, tout le monde est très motivé,

ça nous a vraiment permis de resserrer les liens. Ce type d’événement est très fédérateur et nous nous sommes tous beaucoup investis. Maintenant, c’est le temps qui fera tout, il ne faudrait pas que nous ayons de la pluie, c’est le problème des Finales chaque année et ça peut vite devenir la catastrophe.

Comment se déroulera la compétition de labour ?

DB : Il y aura trois jours de compétition. Le vendredi et le samedi auront lieu les sélections européenne et mondiale, organisées par France labour. Il y aura un jour de labour sur chaume et un jour sur prairie. À l’issue de cette compétition sur deux jours, pour chaque discipline, en planche ou à plat, le participant arrivé premier sera qualifié pour participer à la Finale mondiale et le second participera à la Finale européenne. Le dimanche, après la messe à Ars-sur-Formans, se déroulera la Finale nationale de Labour, ainsi que la Finale équine.

Qu’en est-il de la restauration ?

DB : Nous avons vraiment mis l’accent sur les produits régionaux. Le midi, la restauration sera sous forme de self, avec des menus qui changeront chaque jour. Nous aurons trois points de restauration rapide, dont deux traditionnels et un plus local avec une buvette accolée. Tous les vins représentatifs de la région seront servis, ainsi que des jus de fruit à la buvette. Pour la restauration rapide, on trouvera de la goujonnette de carpe, plat traditionnel de l’Ain, de la tartiflette préparée par les savoyards, des mac JA (hamburger à la sauce JA)... Il n’y aura que des produits locaux et régionaux. On mettra aussi en avant le poulet de Bresse, les vins du Bugey… Rien que pour le dimanche, nous avons prévu un bœuf complet et une vingtaine de cuisses de bœuf !

Pourquoi avoir choisi ce thème ? Ce slogan ? Cette mascotte ?

DB : La mascotte, c’est l’emblème du département, le poulet de Bresse. Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs Benjamin (Fray, ndlr) qui se trouve la plupart du temps sous le costume. Concernant le thème « du champ à l’assiette », il n’a pas été choisi au hasard. Le but pour nous est de présenter toutes les filières de l’Ain. Par exemple, pour ce qui est du pôle Végétal, toutes les productions représentatives de l’Ain et de la région Rhône-Alpes ont été mises en culture, du maïs aux oléagineux en passant par les prairies, le maraîchage, la viticulture ou encore la châtaigne et la lavande. C’est presque toutes les productions françaises qui seront représentées. Pour ce qui est du pôle Animal, la vitrine sera complète : bovin, équin, caprin, ovin, abeilles, canin… On trouvera des concours d’animaux, des dégustations, des présentations de races. Dans un premier temps, nous avons planté les cultures. Pendant l’événement, les débouchés et les transformations possibles qui y sont reliés seront exposés aux visiteurs. Prenons l’exemple du blé, le groupement des boulangers et des meuniers seront présents et feront des démonstrations. Même chose pour l’orge, des brasseurs présenteront la transformation du malt à la bière. Nous avons tracé au sol une carte de l’Ain qui sera visible de la grande roue, dont les contours sont composés de jachères fleuries. Maintenant, le plus dur est devant nous !

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier