Rennes : Climat contrasté pour l'ouverture du Space

Ambiance lourde » chez les éleveurs de porc, « positive » dans les élevages laitiers, attentiste chez les fabricants de matériel agricole : le salon international de l'élevage (Space) ouvre ses portes demain à Rennes dans un climat contrasté.

Les organisateurs du Space - le deuxième salon de l'élevage européen - prévoient, pour cette 25ème édition, une fréquentation record au parc des expositions, avec près de 1.300 exposants attendus jusqu'au 16 septembre, dont 380 (30%) internationaux, venant de 35 pays.
Après la crise du lait et les violentes manifestations paysannes qu'elle a engendrées lors des deux dernières éditions du salon en 2009 et 2010, l'atmosphère est plutôt à l'apaisement chez les producteurs de lait, rassérénés par la hausse des cours.

Ambiance positive chez les laitiers

« L'ambiance est positive, n'ayons pas peur de le dire », estime Marcel Denieul, président du Gie Lait-viande de Bretagne, en pointant toutefois « les prix des aliments qui restent chers ». La situation « n'a rien à voir » avec celle de 2009-2010, confirme Philippe Turmel, producteur de lait dans la Manche : « déjà, je ne suis plus à découvert », se réjouit-il, même s'il avoue une certaine appréhension liée à la fin des quotas en 2015.
Avec la hausse des prix, « une partie des producteurs va thésauriser, mais la fièvre du matériel est toujours là », assure-t-il : « il va y avoir des tracteurs neufs qui vont débarquer en janvier! ». Une embellie pour certains qui ne se reflète pas forcément dans les carnets de commande des fabricants de matériels.
« Les producteurs laitiers ne s'en sortent pas trop mal », estime Jacques Charriau, co-président d'une société de vente de matériel de traite. « Mais les laiteries ont essuyé de tellement grosses pertes les années précédentes »
qu'elles « restent attentistes », tempère-t-il.

La situation reste difficile en viande bovine

Pour Marcel Denieul, la situation reste difficile en viande bovine avec des producteurs « très inquiets » après des années de marasme. Et du côté des éleveurs de porc, pris en étau entre la faiblesse des cours et un niveau élevé du prix des aliments, la situation a encore empiré: « en 2011, on n'a eu que trois semaines au point d'équilibre, en avril », se désespère François Valy, président de la section porcine de la FRSEA Bretagne.
« L'ambiance est lourde », renchérit Pierre Brosseau, responsable de la section porcine à la Confédération paysanne, pour lequel « on ne voit pas de sortie de crise ». « On parle de 20% d'éleveurs à plus de 100% d'endettement sur toute la France, mais on cache la réalité, il y a plus d'éleveurs en grande difficulté », assure-t-il.
Si ce désespoir, selon lui, ne pèse pas sur le nombre de visiteurs au Space
- « beaucoup de gens vont aller voir » - « il n'y aura pas pour autant de réinvestissement, prédit-il. »Les banques ne prêtent pas aux pauvres. Et quand on n'a pas un centime d'avance et pas de lisibilité sur l'avenir, on ne prend pas le risque« , affirme-t-il.
Outre les défilés, présentations et tables rondes, une exposition de photos des Jeunes agriculteurs de Bretagne, »Agriculteurs et fiers de l'être« , ornera les allées du salon, »pour envoyer un message positif« à une profession qui ne supporte pas d'être mise en cause pour la prolifération des algues vertes.
 »Il y a une fierté qui s'est perdue (...) Des jeunes viennent nous demander 'veut-on encore de nous'?« , témoigne Jacques Jaouen, président de la chambre d'agriculture de Bretagne.

Source d'après AFP

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