Reportage : Vernisol : un investissement éclairé

CER France Gérer pour Gagner, Daniel Causse, expert-comptable

Reportage : Vernisol : un investissement éclairé

En 2008, quand il a construit sa centrale photovoltaïque, Marc Olagnol faisait figure de précurseur. Son conseil : jouer la sécurité, en sachant s'entourer et s'assurer.

Nous sommes en Auvergne, précisément à Ally en Haute Loire. Marc Olagnol est producteur de porcs et bovins, associé en Gaec avec son frère. En 2008, il a posé 718 m2 de panneaux photovoltaïques sur une stabulation libre de vaches laitières. Une véritable galerie des glaces. Son projet, baptisé Vernisol, représente un investissement de plus de 500 000 euros, qu'il a totalement financé par emprunt et en nom propre.

Comment vous est venue cette idée ?

Marc Olagnol :

Cela fait longtemps que je m'intéresse aux énergies renouvelables. Il y a quelques années, mon frère et moi, nous avions réfléchi à la solution de produire du biogaz pour valoriser nos productions bovines et porcines. Nous avons dû abandonner cette idée à cause des coûts, vraiment dissuasifs. Depuis, j'ai mis en place une solution de chauffage des bâtiments, et de la maison, à partir de sciure de bois en provenance d'une scierie voisine. De fil en aiguille, grâce aux contacts que nous avions établis avec des fournisseurs et agriculteurs allemands pour le biogaz, nous nous sommes naturellement orientés vers le photovoltaïque. Il faut dire que les Allemands ont 20 ans d'avance sur nous !

Qu'est-ce qui vous a motivés pour passer à l'action ?

Marc :

Nous sommes dans le Sud du Massif Central, où nous bénéficions d'un climat bien plus favorable que nos homologues d'Outre Rhin : l'ensoleillement est fort, l'altitude de 1 000 mètres procure à la fois une bonne qualité de lumière et une température modérée. Tout cela fait fonctionner les panneaux à plein rendement. Il a suffi d'un coup de pouce gouvernemental en faveur des prix et des garanties au rachat de l'électricité photovoltaïque. Et c'est parti !

Le montant de l'investissement ne vous a pas effrayés ?

Marc :

Bien sûr que si. Mais qui ne tente rien n'a rien… Et nous avons pris des précautions importantes, aussi bien dans l'étude de rentabilité que dans les choix techniques et les solutions pour sécuriser la production.

Comment avez-vous fi nancé ce projet ?

Marc :

La banque a financé à presque 100 %, puisqu'elle m'a accordé un emprunt de 500 000 € pour 504 658 € d'investissement. Cela m'a bien aidé, car je ne disposais pas de capacité financière personnelle, eu égard à la situation de la production porcine en 2007 et 2008.

Quel a été le montage juridique de Vernisol ?

Marc :

Il est simple. J'ai réalisé l'investissement en nom propre, et non dans le Gaec. Comme je ne disposais pas de capitaux personnels, la banque souhaitait un engagement en exploitation personnelle. J'ai donc, dans un premier temps, racheté la stabulation de vaches laitières qui appartenait à notre Gaec, puis j'ai réalisé l'investissement en nom propre. Comme j'ai 49 ans, je pourrai profiter du retour sur investissements en cours d'activité agricole et non pas simplement en complément de retraite.

Quel bilan faites-vous après 18 mois de fonctionnement de la centrale ?

Marc :

Les signes sont plutôt encourageants. L'investissement n'a pas dépassé les prévisions de 5,5 € par Watt-crête*. Pour l'époque, en 2008, le montant était raisonnable. La production a dépassé de plus de 10 % les prévisions, ce qui me permet d'encaisser 6 000 € supplémentaires.

*Le Watt-crête est l'unité de mesure de la puissance maximale fournie par les générateurs photovoltaïques.

Quels conseils donnez-vous à ceux qui souhaitent réaliser ce type de projet ?

Marc :

Primo, savoir choisir ses partenaires. J'ai travaillé avec du matériel allemand, avec des installateurs qui disposaient de compétences en la matière. La collaboration avec CER FRANCE m'a permis de mettre en exergue la rentabilité attendue et les risques potentiels. La discussion avec la banque n'en a été que plus fructueuse. Secundo, savoir s'assurer. Télémaintenance, extension de garanties, assurance des pertes d'exploitation, sont des éléments indispensables. Je ne pourrais pas me permettre de “louper” un mois de production l'été. Le manque à gagner serait insupportable, compte tenu de mes remboursements d'emprunts.

Et si c'était à refaire ?

Marc :

J'y retourne… avec peut être une réflexion différente sur la structuration juridique du projet. Forcément, avec les nombreux projets qui ont vu le jour depuis le mien, les solutions se sont affinées en la matière. Même si les prix d'achat de l'électricité ont été revus à la baisse, les coûts de l'investissement ont eux aussi diminué. Si bien que la rentabilité est toujours présente dans les bonnes situations.

Tout fonctionne ! Depuis 18 mois, Marc Olagnol a dépassé ses objectifs de production.

Tout fonctionne ! Depuis 18 mois, Marc Olagnol a dépassé ses objectifs de production.

 

Source CER France, Gérer pour gagner

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