Résolument tournée vers l’avenir, Volcalis pense déjà à l’après-quotas

Renaud Saint-André

Le seuil moyen des 200 000 litres par point de collecte est atteint. Il s’agit à présent de redonner l’envie à des jeunes de s’installer, car la demande en lait va aller croissante. 

Les présidents de Volcalis et Centraliment et les chefs de division du groupe Altitude préparent les assemblées générales.

À l’heure où il est de tradition de formuler des vœux, il est facile de deviner ceux de Didier Boussaroque. Le président de la coopérative Volcalis garde bon espoir que la prochaine année soit meilleure que celle qui vient de s’écouler et qui, sans atteindre les abysses de 2009, n’a pas permis de compenser les coûts de production des producteurs de lait. “La récolte fourragère a certes été abondante, mais de qualité médiocre et cela revient cher de corriger les rations”, avance Didier Boussaroque. Le prix moyen payé (hors prime AOP) aura été de 327,5 € pour 1 000 litres. Soit une baisse de 1,7 % tandis que, dans un même temps, le prix de l’aliment ne cessait de croître.

Retrouver de l’attractivité

Confiant sur le redressement des cours, Didier Boussaroque regrette le manque d’attractivité du métier chez les jeunes. Il le déplore d’autant qu’il constate une pyramide des âges très défavorable aux producteurs de lait et quelques abandons déjà enregistrés. Or, selon lui, le Cantal a une place à prendre. En effet, dans les zones laitières où la levée de quotas aurait pu inciter à augmenter les volumes de production, paradoxalement une baisse est enregistrée, de l’ordre de -10 % dans le Grand Ouest, par exemple.  “Dans un contexte de croissance démographique européenne et même mondiale, nous avons une carte à jouer”, estime-t-il. Certes, déjà la taille des exploitations augmente, avec désormais le seuil des 200 000 litres par point de collecte franchi(1), comme le confirme Xavier Bel, directeur des production laitières et secrétaire général de l’union de coopératives Altitude. Mais cela restera insufisant si une nouvelle génération ne prend pas le relais. Il s’agit d’un cap à franchir qui comprend la modernisation des bâtiments, l’optimisation de la référence laitière et la maîtrise de l’organisation des tâches et du temps de travail. “Ce sont les exploitations performantes techniquement, réactives et ayant une forte productivité de main d’œuvre qui s’en sortiront le mieux”, estime-t-il en défendant le modèle sociétaire. Enfin, selon la coopérative, la filière est bien en capacité d’absorber des volumes importants. Même si, comme le regrette Jean-Pierre Chateau, président d’Altitude, les outils sur nos territoires sont vieillissants et que d’autres pays se modernisent bien plus vite... Les producteurs attendent pourtant d’être le moins dépendants possible de marchés extérieurs.

(1) Avec toutefois un contraste fort entre le début d’exercice et une baisse marquée depuis l’automne et qui ne sera sans doute pas corrigée avant la prochaine mise à l’herbe.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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