Réussir sa saison de pâturage

CA 63 François FOURNIER

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Après un printemps 2012 chaud et propice à la pousse de l’herbe, les débuts de 2013 sont plus poussifs avec un déficit d’ensoleillement et de chaleur flagrants qui ont entraîné un retard végétatif de près de 15 jours.
Les éleveurs ont pu échanger sur leurs pratiques et se préparer à la campagne de pousse de l’herbe qui commence timidement.

Le 9 avril ont eu lieu les rencontres pâturage au GAEC de la Fontaine du Sureau à Lezoux. Les éleveurs ont pu échanger sur leurs pratiques et se préparer à la campagne de pousse de l’herbe qui commence timidement.

Réussir sa saison de pâturage

Un pâturage intensif

Chez Thierry Orcière et Nicolas Honhon, associés du GAEC de la Fontaine du Sureau, les 1.450 brebis BMC sortent depuis le 26 mars, alors que l’année précédente la mise à l’herbe s’était faite une semaine plus tôt. Le troupeau est conduit de façon intensive en 3 agnelages en 2 ans. Les brebis gestantes sont mise à l’herbe les premières, suivies une quinzaine de jours plus tard des brebis qui ont déjà mis bas et allaitent leurs agneaux. L’intensification est également nécessaire au pâturage pour nourrir tous les animaux. Avec 3,9 ares par brebis au printemps (26 ares par UGB), la surface est comptée au plus juste. Du coup, les associés du GAEC sont un peu inquiets. Les brebis pâturent depuis une semaine et la pousse de l’herbe se fait encore désirer.

Pascale Faure et Stéphane Violleau, conseillers fourrages à la Chambre d’Agriculture, se sont employés à rassurer les éleveurs, par rapport aux mesures de hauteur d’herbe qu’ils réalisent. Même si ce n’est pas flagrant, l’herbe a bien commencé à pousser. Les éleveurs ont pu s’en rendre compte directement sur des parcelles du GAEC, avec quelques relevés faits à l’herbomètre.

Réussir sa saison de pâturage

Anticiper pour ne pas être dépassé

Sur une parcelle où les brebis sont passées dès la mise à l’herbe ; la hauteur moyenne est de 7,5 cm (moyenne de 10 mesures). Sachant qu’il faut ressortir les animaux de la parcelle quand l’herbe est à 5 cm pour éviter le surpâturage, il y a 2,5 cm d’herbe exploitable dès maintenant. A raison de 200 kg de matière sèche par hectare et par centimètre d’herbe, le stock d’herbe sur pied est donc proche de 1 tonne de M.S., soit la nourriture de 10 vaches allaitantes pendant une semaine ! Alain, éleveur à Moissat, est un peu dubitatif : « dans une parcelle comme ça, je ne mets pas les vaches, je trouve qu’il n’y a pas assez d’herbe » ! La sacro-sainte « peur de manquer » est toujours bien présente dans les esprits.

En conclusion, les conseillers fourrages ont rappelé qu’en plaine, il est nécessaire de faire pâturer, quitte à passer rapidement sur les parcelles. Même avec la fraicheur ambiante, la pousse d’herbe constatée est déjà de l’ordre de 30 à 35 kg de matière sèche par hectare et par jour. Il est probable que l’arrivée du redoux provoque une pousse explosive et que les animaux se retrouvent dépassés d’ici quelques semaines !

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