Revenu : Et vogue la galère

800 manifestants le 7 novembre sur les 7 sites dont 700 devant la préfecture. Pari tenu pour la FDSEA et les JA qui, les annonces du ministre désormais connues, attendent beaucoup des abatteurs, laiteries et GMS qui seront à nouveau démarchés et bloqués.

Deux jours avant le départ du Vendée Globe, et à peu près à la même heure, la FDSEA et les JA clôturaient leur journée de mobilisation vendredi dernier. Une journée débutée la veille pour les agricultrices et agriculteurs de La Roche, du Poiré, de la Mothe et les Sables, mais aussi des cantons des Herbiers, Mortagne et Pouzauges qui avaient choisi de bloquer respectivement les magasins Carrefour Route de Nantes et Super U les Herbiers.

Les salariés partagent

Les enseignes de la grande distribution dont les agissements et le comportement exaspèrent au plus au point les responsables de la FDSEA et des JA, constituaient la première cible. « Nous les avons dé référencées lors des actions lait. Nous continuons aujourd'hui avec cette opération coup de poing, car nous en avons marre des messages qui tendent à faire croire que la reconquête du pouvoir d'achat passera par des prix agricoles toujours plus bas » expliquait dès jeudi soir Joël Limouzin devant les 100 manifestants de la nuit. Un message que le président de la FDSEA reprenait le lendemain devant les salariés de Carrefour. Et avec leur approbation quand il se demandait « où passe la baisse du prix des céréales dans les baguettes vendues actuellement ». Applaudissement des salariés éreintés eux aussi par la pression de la distribution. Aux Herbiers, Eric Coutand souligne un même comportement. « Mais encore une fois le patron de ce magasin nous dit répondre aux demandes du consommateur qui veut toujours acheter plus bas ». Et puis la GMS, comme à chaque fois, incrimine les intermédiaires.

Rendez vous le 17 novembre

Justement, ceux là étaient aussi bloqués vendredi dernier à 5h du matin. Guy Hermouet, sur le site de l'abattoir de La Roche a fustigé les comportements des entreprises qui ne respectent pas les accords interprofessionnels et profitent de la crise pour « piquer des parts de marché aux voisins en fragilisant la trésorerie des éleveurs. Ce comportement ne peut pas durer » a conclu l'éleveur de la Ferrière en promettant de revenir pour un blocage plus long dès le 17 novembre. Un message similaire a été délivré par les manifestants présents devant l'outil de la Châtaigneraie.

Les pouvoirs publics et les élus

Autre cible, celle des pouvoirs publics. Le secrétaire général de la préfecture, en l'absence du préfet retenu pour une réunion sur le marais poitevin « très importante », a écouté les interventions de tous les présidents des sections animales de la FDSEA et de Freddy Thomas président des JA. « L'Etat n'a plus d'argent, la récession est là peut être, mais quand il s'agit de contrer la dérégulation sur les marchés financiers, on y met les moyens. Pourquoi aujourd'hui n'y a t-il pas une volonté politique aussi affirmée sur la dérégulation agricole, a insisté Joël Limouzin.
Dernière cible, et probablement une première : les manifestants se sont ensuite déplacés devant le conseil général de la Vendée. Il s'agissait de rappeler « l'importance de l'acte de production et de la force agricole dans ce département ». Pour Joël Limouzin, « il n'y a pas qu'une seule agriculture louable. Arrêtons d'opposer les systèmes de production entre eux ». Message reçu 5 sur 5. La FDSEA et les JA sont alors revenus sur leur attente vis-à-vis de la régulation des marchés et là aussi de la nécessaire transparence sur les marges et les prix. Une attente que le sénateur Retailleau accepte de défendre sous la forme d'un amendement. Auparavant devant la préfecture, Dominique Caillaud avait aussi souligné les carences de la loi.
Après avoir remercié les 800 manifestants qui s'étaient mobilisés le soir du 6 novembre, la nuit du 7, la FDSEA et les JA ont procédé à la dislocation de la manifestation. Mais comme pour les bateaux du Vendée Globe qui reviennent toujours à leur point de départ après le tour du monde, leur galère reviendra là aussi sur les 7 points de chute. Et avant 80 jours.

Préfecture : Le secrétaire général reçoit, mesure et remonte

« Je mesure l'ampleur de vos demandes sur le court terme avec un effet attendu sur les charges, et sur le long terme avec votre souhait de relation plus normalisée dans les filières et avec les GMS ». Pour sa première manifestation, le secrétaire général de la préfecture répondant aux présentations des présidents des sections animales de la Fdsea, a promis de remonter les demandes professionnelles tout en recevant pendant l'entretien un communiqué du ministère précisant la garantie d'un plan d'envergure de soutien pour la conférence revenu.

Source vendee agricole

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