Revenus agricoles : des estimations très contestées

Revenus agricoles : des estimations très contestées

Ce mardi, la Commission des Comptes de l'Agriculture de la Nation a publié les estimations des revenus agricoles; des chiffres très contestés. Les années précédentes, ces estimations avaient souvent fait l'objet de fortes contestations et devaient par la suite être révisées, parfois très fortement.

Pour la première fois, la Commission des comptes de l'agriculture de la Nation, qui publie d'ordinaire en juillet une estimation du revenu des agriculteurs par spécialité, n'a pas publié de chiffre précis, a indiqué le ministère. Les années précédentes, ces estimations avaient souvent fait l'objet de fortes contestations et devaient par la suite être révisées, parfois très fortement. Ainsi les revenus pour 2012 des agriculteurs spécialisés en grandes cultures (céréales, oleo-protéagineux) avaient été initialement estimés à 73.000 euros en juillet 2013, puis finalement révisés à la baisse en décembre 2013, à 57.000 euros.

 "Un groupe de travail a planché sur le sujet pendant un an pour finalement décider d'arrêter de publier les chiffres moyens des revenus par spécialité, car les estimations étaient fragiles, et contestables sur le plan méthodologique", a indiqué une responsable de la statistique au ministère de l'Agriculture mardi soir. Le groupe de travail a cherché à voir s'il était possible de fournir des estimations plus précises, mais le calcul s'est avéré "impossible", pour des raisons notamment de variation des marchés imprévisibles, a-t-on indiqué de même source.  

Crise brutale

Le ministère s'en tiendra désormais à une publication du revenu moyen des agriculteurs pour une année N, au 31 décembre de l'année N+1, sur la base du système Rica, plus fiable, a ajouté la même source. L'épais document publié mardi par l'Insee confirme néanmoins dans les chiffres la crise brutale vécue l'an dernier par les filières du lait et de l'élevage. Ainsi, en moyenne en 2015, les producteurs de lait et autres produits de l'élevage ont subi une chute de 11% des prix à la production, alors que les prix des céréales ont gagné 0,5% les oléagineux 9,7%, et les fourrages, plantes et fleurs 14,9%. Les prix à la production des fruits, légumes et pommes de terre ont eux aussi connu une bonne année en 2015, avec une progression de 13,7%.

En 2015, le montant des subventions versées aux agriculteurs français, via la Politique agricole commune européenne (PAC), s'est élevé à 8,55 milliards d'euros, soit sensiblement plus que le montant de 2014 (8,052 milliards d'euros). La différence s'explique notamment par la mise en place d'un plan d'aide à l'élevage : En 2014, ils avaient reçu 50,7 millions d'euros, et en 2015, 255,5 millions, selon les documents. En incluant d'autres aides publiques, comme des allégements de charges, "ce sont 12,3 milliards d'euros qui ont soutenu la production agricole en 2015", note le document.

Source Avec AFP

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Commentaires 6

viandeAB

Notre président l' a dit "tout va bien" alors croyons les estimations qui de toute façon seront modifiées dans quelques mois, effets d'annonce oblige.

pie 2013

Que de beaux langages ces statistiques quand le revenu agricole2014 12000e passe à6000e en 2015 en se serrant les vis que nos dirigeants en faces autant et la FRANCE n'auras plus de dettes

Beber12

@RObin
on paye des gens pour faire des prévisions
On en paye d'autres dans des Groupes de travail pour voir si les chiffres de prévisions sont publiables...
=> Il est temps de mettre un frein à l'immobilisme.

CLOCHE215

qu'est-ce que ça veut encore bien dire:revenu agricole ?? parlons plutôt revenu du travail et alors nous aurons des critères à comparer avec qui que ce soit. prenons le salaire de monsieur tout le monde et divisons le par un revenu de travail par 1 ha; ça peut donner comme résultat un nombre d'HA impressionnant....

41

il n'y a qu'a regarder les prélèvements privés dans les comptabilités agrées (étonnant, les chiffres sont nettement plus faibles). Il ne faut pas confondre "revenu agricole" et salaire au même titre qu'un salarié. Les chiffres sont une chose, mais encore faut-il savoir les interpréter.

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