Révision européenne de l’agriculture bio : les points qui bloquent

Lise Monteillet

Révision européenne de l’agriculture bio : les points qui bloquent

Lien au sol, périodicité des contrôles, seuils de décertification… Voilà trois sujets qui suscitent des crispations au sein de la filière de l’agriculture biologique.

En début de semaine, les principaux acteurs de l’agriculture biologique étaient reçus par Stéphane le Foll pour évoquer la révision du règlement européen de l’agriculture biologique. Cette réforme est engagée depuis deux ans et pourrait aboutir d’ici la fin de l’année. Elle est actuellement en négociation entre la Commission, le Parlement et le Conseil européen. Or, « trois points de blocage très forts » subsistent, selon Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab).

Certains pays voudraient tout d’abord simplifier les normes, en passant d’un contrôle annuel à un contrôle tous les 18 mois. « Pour nous, ce n’est pas possible », estime Stéphanie Pageot. La Fnab souhaite au contraire aller vers un cahier des charges plus exigeant, en relevant, par exemple, les minimums liés à la part d’alimentation produite sur l’exploitation.

La question du lien au sol est également source de conflits, notamment avec des pays nordiques qui se verraient bien produire du bio « en boîte ». La position de Stéphane le Foll est sans ambiguïté.  « Si on est seulement sur une logique de conquête de parts de marché, on va peut-être perdre une partie de la spécificité de la Bio », alertait-il, lors des dernières Assises de la bio. « La France, ce sera le lien aux sols et aux prairies », ajoutait-il.

L’épineuse question des seuils de décertification

Enfin, la Commission européenne a proposé de créer des seuils de décertification, qui conduiraient à exclure des produits du circuit de l’agriculture biologique, à partir du moment où ils dépasseraient un seuil de traces de pesticides. « Nous sommes d’accord sur le fond, mais la bio ne représente que 6 % de l’agriculture à l’échelle européenne », explique Stéphanie Pageot. « Cette mesure est trop précoce pour l’imposer à la filière biologique, car les risques de contamination fortuite sont trop importants ». Ce qu’elle refuse : qu’un producteur bio soit pénalisé à cause d’une contamination involontaire. « Mettons d’abord en place le principe de pollueur –payeur », propose-t-elle plutôt.

La présidente de la Fnab est sortie rassurée de cette rencontre avec Stéphane le Foll. « Le ministre est d’accord avec nous, confie-t-elle. La France va écrire à la Commission pour expliquer son point de vue »

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Commentaires 2

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

Pas plus tard que hier, j'ai entendu les paroles d'un patron de GMS dire que le bio ne peut et ne doit pas être plus cher que le non bio,pour être accessible à toute la population; ce qui voudra bien dire : quoi-que vous fassiez vois êtes nos esclaves.Je plains déjà maintenant ceux qui se sont lancés corps et âme dans la production bio.....

tom63

Je vois venir une "bio" à 2 vitesses. Une contraignante pour les producteurs français et une laxiste pour les produits importés.
Normal, on est habitué.....

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