Saint-Santin : des terres agricoles emputées : Le foncier agricole victime de boulimie

Alexandre CAYRAC

Saint-Santin : des terres agricoles emputées : Le foncier agricole victime de boulimie

La protection des terres agricoles fait consensus en France. Pourtant, de nombreux projets viennent encore amputer un nombre important d'hectares destinés à l'agriculture, comme c'est le cas sur la commune de Saint-Santin.

La FDSEA et les JA s'opposent au «gaspillage» des terres agricoles. Une quarantaine d'agriculteurs s'est rendue, mardi dernier en soirée, devant la Communauté de Communes de la Vallée du Lot à Flagnac. Avec le soutien de la FDSEA et des JA, ils ont protesté contre le projet d'extension d'une zone artisanale sur notamment 11 hectares de terres agricoles. Les agriculteurs ne sont pas opposés à l'extension en elle-même mais dénoncent le manque de concertation.
Pour Valérie Imbert, agricultrice à Saint Santin et secrétaire générale adjointe de la FDSEA, «il faut respecter la carte communale, qui prévoit des zones constructibles et d'autres réservées à l'agriculture». Elle demande ainsi à la Communauté de Communes de s'engager à rétrocéder ces surfaces agricoles aux agriculteurs de la commune. Malgré la présence des agriculteurs, l'acquisition a été validée par les élus de la Communauté. M. Couchet, son président, a assuré que les terres agricoles seraient louées aux agriculteurs via la Safer. «Nous voulons un engagement sur plusieurs années à un prix de terres agricoles» répond Valérie Imbert.

Symptomatique

Pour Dominique Fayel, président de la FDSEA, le problème de Saint-Santin est symptomatique d'une tendance plus lourde. «Nous observons que même si les élus sont d'accord sur le papier pour préserver les espaces agricoles, une fois revenus dans leurs communes, les projets de développement prennent rapidement le dessus sur les intentions».
Le Grenelle de l'Environnement, la loi Montagne, et la LRU sont pourtant sans équivoque : les espaces agricoles doivent être préservés de l'urbanisme. Le Ministère de l'Agriculture a demandé aux préfets de mettre en place des groupes de travail sur ce thème début 2008. Mais 61 000 hectares de terres disparaissent quand même chaque année sous la pression de l'urbanisation. La FDSEA et les JA entendent bien faire avancer leurs revendications dans le département. La profession devrait réunir les services de l'Etat, les élus, et les différents acteurs du foncier pour que «les engagements deviennent des actes». «Nous ne sommes pas contre le développement de zones d'activités, nous souhaitons qu'il se fasse de manière raisonnée et concertée» note Dominique Fayel. Et d'ajouter, «devant les défis qui nous attendent, l'alimentaire ne peut pas se permettre d'être concurrencé». Les élus locaux oublient peut-être trop souvent que l'alimentation est la mission première du foncier agricole.

Source La Volonté Paysanne

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