Salarié partagé : un investissement plus qu'une charge

P. OlIVIERI

Les besoins en main d'oeuvre complémentaire dans les élevages cantaliens vont grandissant, sans que le recours au salariat, même partagé, soit toujours envisagé.

L'exploitation de Jérôme Cussac est classée dans les élevages spécialisés laitiers de montagne dits modernisés. Pourtant, malgré ses outils de production modernes (stabulation libre, raclage automatique, mélangeuse pour l'alimentation des laitières...), les ingénieurs du service référence de la Chambre d'agriculture ont estimé à 660 heures seulement le temps professionnel disponible que ce jeune producteur de Roffiac peut consacrer annuellement aux travaux dits annexes (entretien du matériel, démarches administratives, formation...), et ce malgré le sérieux coup de main qu'assure son père au quotidien pour des travaux d'astreinte (têtée des veaux, surveillance,...). Six cent soixante heures, soit près de 20 % de moins que le minimum préconisé. Autre témoin de la surcharge de travail de l'exploitant : le temps consacré chaque jour de l'année aux travaux d'astreinte et de saison oscille chez Jérôme entre 8 heures et 12 h 30 par jour, comme l'ont relevé lundi Yannick Péchuzal et Mathilde Bonnestebe, qui intervenaient à l'assemblée générale d'Agri Emploi 15.

Peser tous les avantages

Mais Jérôme Cussac est loin d'être un cas isolé dans un département d'élevage confronté à l'érosion de la main d'oeuvre familiale sur les exploitations et à l'accroissement de la taille de ces dernières. Moins médiatisée que la question du revenu, cette problématique “main d'oeuvre” devient de fait une préoccupation majeure d'une jeune génération qui ne veut plus faire son deuil d'un équilibre entre vie privée et professionnelle. En atteste le recours croissant à de la main d'oeuvre complémentaire, du moins sous forme d'un emploi salarié partagé au sein d'un groupement d'employeurs (voir ci-dessous), même si nombreux sont encore ceux à hésiter à franchir le pas, de peur de grever un budget déjà en berne. Pourtant, comme l'ont exposé les ingénieurs du service références, les solutions envisageables ne génèrent pas forcément un surcoût. Ainsi, dans le cas de J. Cussac, faire distribuer la ration quotidiennement par une Cuma avec un chauffeur salarié d'un groupement d'employeurs permettrait même une économie de 3 euros/1000 l sur ce poste, avec un gain potentiel de 140 heures de travail d'astreinte. Sans compter des bénéfices indirects sur la qualité du lait, la productivité numérique..., induits par une présence accrue du chef d'exploitation sur des postes stratégiques. Des options à méditer.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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