Saleurs Primeurs : la filière démontre son intérêt économique

P.Olivieri

Saleurs Primeurs : la filière démontre son intérêt économique
Bernard Lafon et Lionel Gaillard (Bovins croissance au centre) ont donné de premiers indicateurs sur la croissance des TJB du Gaec - P.O

Luderic Espalieu et sa mère font partie des nouveaux éleveurs convaincus par le bilan de la première campagne.

Cent quarante-sept euros de marge moyenne sur coût alimentaire pour 40 des 60 lots abattus fin 2013 - printemps  2014 dans la filière Salers primeurs du Cantal. “On avait tablé sur 150, nos calculs n’étaient pas si mauvais”, commente ce 10 septembre  Bernard Lafon, directeur de Bovins croissance, lors d’une nouvelle visite d’élevage, au Gaec la Bitarelle (Saint-Santin-Cantalès) organisée par la Chambre d’agriculture pour présenter et promouvoir cette démarche. En précisant que cette marge a varié de 101 (pour les rations sèches) à 207 (avec ration maïs). Les éleveurs engagés lors de cette première campagne ne s’y sont pas trompés : d’ailleurs la plupart d’entre eux ont renouvelé leur contrat en souscrivant un nombre plus important d’animaux, comme l’a indiqué Martial Benoît d’Estivaud (groupe Altitude).

430 animaux contractualisés

À ce jour, l’association Salers primeurs du Cantal (ASPC) a déjà enregistré 430 mâles inscrits (contre 693 au total pour la première campagne), et d’autres contrats sont en attente d’enregistrement. Aussi les organisations de producteurs conseillent aux éleveurs de ne pas attendre : “Il faut contractualiser très vite, a incité Martial Benoît d’Estivaud. On peut en effet supposer qu’avec les cours actuels du maigre, la fin de période (avril) va être très convoitée.” Des résultats technico-économiques et un intérêt des éleveurs cantaliens qui semblent donner raison aux initiateurs de la filière, dont Gilles Amat, élu Chambre, a rappelé la genèse : “Nous sommes dans un département qui, sauf pour certains, n’a pas de culture d’engraissement. Les cycles courts comme le TJB salers (très jeunes bovins) ou les babynettes ont l’avantage de ne pas trop bouleverser les systè- mes d’exploitation. Stratégiquement, ça permet d’éviter de commercialiser tous nos broutards à l’automne, et d’avoir un autre débouché que le marché italien qui a importé l’an dernier 12 % de broutards de moins.”

Ces arguments ont séduit Luderic Espalieu, un jeune agriculteur tout  récemment  installé (automne 2012) avec sa mère en Gaec. “Au moment de mon installation, on avait commencé par des génisses Casino, engraissées de début novembre jusque fin mai - début juin, explique l’éleveur. Mais c’était trop long ; à la fin le silo ouvert pour une dizaine de  bêtes  chauffait.” Le choix a donc été fait cet été de tester un lot de TJB salers. “Par manque de place, on ne pouvait pas conduire les deux types d’animaux”, précise-t-il.

Pas moins de 1 200 g de GMQ(1) avant sevrage

Sur ses 19 mâles purs qui ont affiché 1 473 g de GMQ(1) moyen entre le 4 avril et le 3 juillet (avec seulement 2,5 kg de concentré), dix - les mieux conformés et à plus forte croissance - ont été sélectionnés avec le conseiller de Bovins croissance. Sevrés fin juillet à un poids moyen de plus de 360 kg, ils ont d’abord été nourris avec une ration sèche avant de passer récemment à un régime maïs. Leurs performances sont prometteuses avec une moyenne de 446 kg au 8 septembre et un abattage au plus tard en janvier (un premier sous-lot pourrait partir plus tôt). “Il faudra rester vigilant sur cinq veaux qui ont un peu d’écart”, a indiqué Bernard Lafon.

Lequel a rappelé les conditions de réussite de l’engraissement de ces TJB : une maîtrise de la croissance avant sevrage, avec un seuil minimal  à  atteindre  de 1 250 g/j, un poids à la mise à l’engraissement qui ne doit pas être inférieur à 320 kg pour un poids objectif en sortie d’atelier de 600 kg, un âge à la vente compris entre 13 et 15 mois. Autant de pré-requis qui vont jouer sur le poids carcasse, le rendement, le classement et la note de gras de l’animal... et donc la marge brute.

 

(1) Gain moyen quotidien.

 

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