Salon de l’agriculture : derrière la vitrine, les affaires...

P. Olivieri

En dix ans de présence au Salon de l’agriculture, l’espace Cantal s’est affirmé comme un catalyseur de rencontres professionnelles entre fournisseurs cantaliens et clients franciliens.

Bien sûr, c’est pour elles que prèsde 700 000 Franciliens et provinciaux se pressent chaque annéePorte de Versailles à Paris : des centaines de races bovines,porcines, ovines, équines... dont les représentants en lice pour leConcours général agricole (pas loin de 4 000 têtes) comptentparmi les plus beaux spécimens et espoirs génétiques de leurespèce. Mais avec ses 1 300 exposants, 22 pays représentés,16 400 vins et 4 663 produits d’origine fermière, le Saloninternational de l’agriculture (Sia) se veut aussi une formidableplate-forme d’affaires. Un marché taille XXL que le Cantal aentrepris de prospecter il y a maintenant dix ans en y implantant une“ambassade éphémère”, selon le terme cher à Bruno Avignon,directeur de Cantal Destination.

45 fournisseurs associés

Une ambassade qui, d’édition enédition, a joué les trublions dans le hall des Régions (hall 7.1)en créant régulièrement l’évènement et rassemblant sous sabannière rouge Cantal Auvergne, des centaines de VIP pour sa soiréeCantal (mercredi 26 février) : des ministres de l’Agriculture,aux vedettes de la chanson ou des plateaux de cinéma, des championssportifs... Tous ambassadeurs revendiqués du département. “Cetteannée, nous sommes de nouveau très présents au sein du pôleAuvergne sur un espace Cantal de 235 m2, dont 200 m2 dédiés à larestauration avec un menu typique à base de viande salers ettruffade et 35 m2 de boutique.” Objectif affiché pour cetteédition qui ouvre ses portes samedi 22 février : 10 000 repaset 4 500 clients pour la boutique, sachant que quelque45 fournisseurs cantaliens sont associés sur l’un ou l’autrede ses espaces. “Même si pour certains le chiffre d’affairesn’est pas énorme sur cette semaine là, ils tiennent à êtreprésents pour la visibilité que le Sia leur apporte”, relèveBruno Avignon. Et encore une fois le team Cantal a choisi d’innoveren soumettant l’idée d’un concours de cuisine “Les chefs enherbe” qui verra s’affronter des apprentis auvergnats autour dela préparation de recettes locales emblématiques. Ainsi le mercredi26 février, jour du concours salers, un jury “populaire”,composé de visiteurs du salon confortablement installés dans unmini-amphithéâtre conçu pour l’occasion, départagera quatrejeunes apprentis de l’IFPP d’Aurillac et du lycéeRaymond-Cortat à l’issue de leurs préparations commentées pardes professionnels des filières de qualité.

Espace affaires

Derrière cette vitrine dessavoir-faire agricoles, agroalimentaires et gastronomiques,l’ancienne agence de développement économique entend une nouvellefois faire de l’espace Cantal un lieu de business pour lesentreprises cantaliennes via des formules de rencontres inédites :premier rendez-vous lundi 24 février au soir avec les adhérents duCercle d’Auvergne, un réseau chefs d’entreprise et dirigeantsqui ont en commun leurs origines auvergnates. Après une visitenocturne privée des allées du salon, trois entreprises de la région(dont Christian Vabret pour son École française de boulangeried’Aurillac) témoigneront lors d’un dîner-débat(1) de leurinitiative privée dans le domaine de la formation professionnelled’excellence. “Ce qui nous intéresse dans ce genre de démarche,c’est d’envoyer des messages à ces dirigeants, en l’occurrencede leur montrer que des chefs d’entreprise cantaliens et auvergnatsinnovent dans le domaine de la formation pour attirer et conserver dela ressource humaine sur le territoire”, expose Bruno Avignon.Autre concept exploré cette année : une soirée “Terroirs etprestige”. “On s’est rapproché de Michel Burton, à la tête,entre autres journaux, de L’Auvergnat de Paris, en lui demandant derecruter dans son vaste carnet d’adresses 30 grands patronsparisiens dans les secteurs de la grande distribution et des CHR(cafés, hôtels, restaurants), explique le directeur de CantalDestination. En face, nous avons proposé à des entreprisescantaliennes désireuses de développer leurs débouchés sur larégion parisienne d’acheter une table (400 €, NDLR) pour cettesoirée en invitant également leurs clients. Et on est en train defaire les plans de tables.” À ce jour Le Cayrolais, Cantalsalaisons, Desprat vins, la Distillerie Couderc, Apiflor,CantAveyLot, le Cif et le Lial ont investi dans la formule inspiréedes États-Unis. Que peuvent espérer ces PME cantaliennes de cettesoirée ? “Ceux qui sont bons arrivent toujours à récupérerdes cartes de visite, à se faire repérer et à provoquer de futursrendez-vous d’affaires”, assure Bruno Avignon. Preuve del’intérêt des TPE et PME cantaliennes pour cette : “Même desboîtes hors agroalimentaire nous contactent aujourd’hui pour êtreprésentent, car elles considèrent que ça devient un endroit où ilfaut être.”

(1) Repas financé par les adhérentsdu Cercle d’Auvergne.

Plus d'infos à lire cette semaine dansL'Union du Cantal.

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