Se préparer 5 ans avant le départ

Hélène Bonneau

C’est aux environs de 55 ans que les agriculteurs commencent à s’intéresser à leurs droits à la retraite et à la reprise de leur exploitation.
C’est aux environs de 55 ans que les agriculteurs commencent à s’intéresser à leurs droits à la retraite et à la reprise de leur exploitation.

 Près de 30 agriculteurs, approchant de l’âge de la retraite, ont participé à la réunion « premiers pas vers une installation réussie ». Organisée par la chambre d’agriculture, cette rencontre est l’occasion d’un premier contact et de répondre aux premières interrogations des futurs cédants.

Que ce soit sur le montant de la retraite, l’âge légal ou le calendrier de dépôt des dossiers, Patrick Lelièvre, conseiller en protection sociale à la MSA a été écouté très attentivement par l’assemblée. Après être intervenu sur le nombre de trimestres requis suivant les années de naissance ou encore les possibilités de prendre une retraite anticipée, le conseiller a rappelé que les dossiers MSA devaient être déposés quatre mois avant la cessation d’activité. « Il faut surtout retenir que chaque dossier est différent. En matière de retraite, les bruits qui courent dans les campagnes sont légion, or, les comparaisons n’ont pas lieu d’être. La première action est de demander son relevé de carrière et d’étudier ses droits », affirme Patrick Lelièvre.

L’anticipation comme mot d’ordre

De nombreuses questions se posent au moment du départ à la retraite. Si un travail juridique s’engage, ce sont aussi des choix de vie qui se dessinent. Comment organiser la succession auprès des frères et sœurs ? Que devient la maison d’habitation ? Autant de décisions « à prendre rapidement pour se projeter et pour venir auprès des futurs preneurs avec des idées et une proposition claire », estime Christian Delair, chargé de mission en transmission d’entreprise à la chambre d’agriculture. Ainsi, il conseille de suivre un calendrier en trois étapes. Le temps de la réflexion (entre 5 et 3 ans avant la retraite) permet de déterminer la date de cessation, d’identifier les différents scénarii de transmission… Le temps de la formalisation (entre 3 ans et 18 mois avant la retraite) est une étape clé pour anticiper les conséquences fiscales, formaliser une offre de transmission… Enfin la dernière étape (18 mois avant la cessation d’activité) est le moment de choisir le candidat à la reprise, signer le protocole d’accord, accompagner le repreneur dans la prise en main de l’outil. « J’encourage les cédants à signer le protocole d’accord avec le repreneur avant le stage. Ainsi, les négociations sont effectuées en amont et ne viennent pas perturber le bon déroulement de l’accompagnement, notamment en clientèle pour la viticulture », assure Christian Delair.

Plus difficile en viticulture ?

Plus de la moitié des agriculteurs présents à la réunion à Mouzillon sont installés en viticulture. Faut-il y déceler une problématique de transmission spécifique à la production ? « Oui et non », répond le conseiller chambre. Lorsque la reprise est familiale, le processus est assez classique mais quand il n’y a pas de repreneur évident, il faut débusquer les candidats. Les repreneurs potentiels en formation viticole ne sont pas nombreux et pas nécessairement intéressés par le vignoble nantais. Le conseiller retient tout de même que le vignoble de la Loire a les avantages de ces défauts : « S’il ne séduit pas toujours en premier lieu, il reste plus facilement accessible pour les jeunes qui souhaitent s’installer ». Des pistes de réflexions s’engagent pour recruter des repreneurs sur l’ensemble du territoire et non pas uniquement dans les formations régionales.

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