Se servir du présent et du passé pour préparer l’avenir

Daniel Causse, expert-comptable

Se servir du présent et du passé pour préparer l’avenir

Le chef d’exploitation agricole n’a-t-il pas pour principal but que son exploitation soit conforme à ses objectifs ? Le terme de “gestion” prend alors tout son sens dans la démarche de pilotage qu’il va mettre en oeuvre autour d’indicateurs pertinents.

L’avenir appartient à chacun

Il dépend de ce que le chef d’exploitation veut faire de son entreprise. Si c’est un jeune agriculteur, il privilégiera l’investissement pour moderniser et développer un outil de production. Plus tard, il cherchera à ce que l’entreprise lui verse une rémunération plus importante pour accompagner sa famille. Puis il pensera à diversifier son patrimoine pour préparer sa retraite. Il souhaitera alors transmettre, à son repreneur, une entreprise viable et vivable. À chacune de ces périodes, il gérera son exploitation de manière différente.

Plus l’entreprise a de l’avance, plus il sera facile de gérer la suite

  • Dans les exemples précédents, l’avance pour le jeune agriculteur se traduira par des indices de performances, puisque le socle de l’entreprise sera d’abord de bâtir un système de production efficient alliant performances techniques et économiques. Pour en observer la pertinence, en dehors de critères clés économiques et financiers utilisés par tous (voir encadré), notre jeune agriculteur se centrera naturellement sur ses marges de progrès techniques (lait/vache, rendement/ha, kg de viande), ainsi que sur des notions dites “de haut de bilan”. Notre jeune agriculteur, en pleine phase de développement et de modernisation, vivra une période essentielle d’investissement et de financement à long et moyen terme de son appareil de production.
  • L’agriculteur en période de croisière, avec une famille à charge, sera moins intéressé par les marges de progrès, souvent coûteuses, mais plus par le retour attendu du travail et des investissements passés. “Il est temps que ça paye !” Dans le bas du bilan, sa trésorerie nette sera son principal indicateur de suivi.
  • A l’approche de la retraite, le chef d’exploitation cherche à “vider” son bilan professionnel pour deux raisons essentielles :
    - le repreneur sera d’autant plus facile à trouver que le montant à racheter est faible et complètement utile ;
    - le cédant cherche, lui, à muter un bilan professionnel en patrimoine privé.
Se servir du présent et du passé pour préparer l’avenir

Comment savoir si mon entreprise est en avance ou à peine dans les clous ?

Pour l’observer, deux manières complémentaires sont importantes. La comparaison par rapport à des exploitations du même type : cette évaluation permet de mesurer les écarts par rapport au secteur d’activité, de mesurer “l’avance ou le retard” pris sur les autres.

Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il le combiner avec ses propres objectifs technico-économiques pour savoir si le chef d’entreprise dispose d’une marge de manoeuvre. En prenant l’exemple du secteur laitier d’Auvergne, la production laitière moyenne se situe à 250 000 litres pour 45 vaches et la marge brute globale/1 000 litres à 337 €, soit 85 000 € environ de manière globale.

L’objectif d’un jeune agriculteur sera peut-être de se situer, pour une production globale identique, plutôt à 360 € (+ 7 %) / 1 000 l, afin de préparer des investissements de modernisation nécessaires, alors que, pour l’exploitant en période de préparation de retraite, le critère essentiel ne sera pas la marge brute de l’activité, mais plus l’excédent annuel de trésorerie dégagé.

Se servir du présent et du passé pour préparer l’avenir

À partir de ces éléments, comment bâtir ses propres critères ?

Voici quelques questions auxquelles vous vous attacherez à répondre régulièrement.

• Pensez projets : qu’attendez-vous de votre entreprise ?
- En matière technique,
- en matière économique,
- en matière de réserve fi nancière,
- en matière d’environnement.

• Quels sont vos objectifs concrets ?

• Comment souhaitez-vous les mettre en place ?
- Vous construirez vos indicateurs en fonction de vos réponses.
Par exemple, si vous privilégiez l’excédent de trésorerie, vous en élaborerez un objectif annuel, trimestriel ou mensuel que vous suivrez régulièrement.
- En dehors des incontournables, votre tableau de bord sera personnalisé et vous serez d’autant plus sensible au suivi des critères que vous les aurez choisis en connaissance de cause.

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