Sécheresse : demande de pré-enquête calamité

Avenir agricole et rural de la Haute Marne 52

Sécheresse : demande de pré-enquête calamité

Les Présidents de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’Agriculture ont saisi l’Administration d’une demande de pré-enquête calamité suite aux cris d’alarme lancés par les agriculteurs.

Cet orge d’hiver, touchée par le gel de début mai, la sècheresse de ces dernières semaines et le coup de chaud de ces derniers jours promet moins de 20 quintaux.

La Haute-Marne particulièrement touchée

A la demande de Raphael PECHIODAT, Président du Syndicat Cantonal de Langres, une délégation accompagnée de Dominique THIEBAUT, Chef du Service Economie Agricole de la DDT, s’est rendue sur la commune de Faverolles pour constater les premiers dégâts de la sécheresse et des grosses chaleurs récentes. 

Depuis le mois de mars, la pluviométrie est très irrégulière et elle est globalement déficitaire sur le département, qui a été beaucoup moins arrosé que les autres régions. Cette situation est relevée par Météo France et les conséquences sont catastrophiques en cette période de l’année. Une calamité ne venant jamais seule, celle-ci se combine avec une séquence froide alors que l’herbe était en pleine pousse. Le gel de début mai a aussi impacté les orges d’hiver qui étaient au stade de la méiose. Les dégâts sont très visibles sur la parcelle de Sébastien DEVILLIERS dont le potentiel est entamé de plus de 50 % avec une qualité qui sera médiocre. Les orges de printemps sont clairsemées et les épis restants risquent de «fondre» si la pluie et la fraîcheur ne reviennent pas rapidement. Il en est de même des blés. Seuls les colzas ont une apparence végétative acceptable mais quand sera-t-il du remplissage des siliques et du PMG ?

Les éleveurs désespérés

Etienne VOINCHET, Raphael PECHIODAT, Céline MASSOTTE, Eric LEROY sont désespérés de la maigre récolte de foin qu’ils viennent de réaliser. Elle est de moitié, voire du tiers, de celle de l’an dernier. En plus, les éleveurs sont obligés de nourrir leurs animaux et les corvées d’eau commencent. Quant à l’ensilage d’herbe, n’en parlons pas, il n’a pas pu être réalisé. Sur le plateau de Langres «c’est pire qu’en 2011», affirment-ils car à l’époque la pluie était déjà revenue. Or, les prévisions météos restent alarmantes. Les pâtures ressemblent déjà à des paillassons. Seule une lueur d’espoir subsiste dans les maïs... quand ils ont levé correctement

Qu’attendre comme soutiens ?

D’ores et déjà de nombreux agriculteurs recherchent activement de la paille et le syndicalisme sera probablement amené à engager des démarches de solidarité car il est illusoire de compter sur la mise en œuvre d’une procédure calamité.  En effet, pour être éligible, il faudrait que l’exploitation soit fortement spécialisée «herbe», la seule culture qui reste indemnisable ;les autres étant couvertes par l’assurance récolte. «Sur 9 années d’assurance récolte, j’ai fait 8 déclarations» confie Raphael PECHIODAT qui déplore aussi dans le même temps une baisse de ses références de rendement. Ce dispositif a été efficace mais il s’essouffle. Les zones sèches, comme celles du plateau de Langres, doivent impérativement rester en zone défavorisée et continuer de bénéficier de tous les soutiens du second pilier. C’est un point de vigilance du syndicalisme qui s’inquiète aujourd’hui de l’application de la future MAEC zone intermédiaire dans ce secteur.

Des soutiens de portée limitée peuvent néanmoins être mis en œuvre tels que le report des cotisations sociales, le dégrèvement des impôts fonciers ou encore des financements à taux préférentiel.

Le représentant de la DDT a promis de faciliter l’activation de ces dispositifs et de faire le point au mois de septembre sur la procédure calamité en fonction des regains qui pourront être faits.

Demande de dérogation de jachère

Tout le département est aujourd’hui affecté par les fortes chaleurs.

La FDSEA a d’ores et déjà demandé à la DDT de permettre l’exploitation des jachères (il en reste environ 2000 ha sur le département). Cette demande a été relayée au niveau national et les  éleveurs haut-marnais espèrent une réponse rapide.

Cette situation démontre une fois de plus, l’hyper sensibilité de la Haute Marne aux aléas climatiques comme le confirment d’ailleurs les statistiques «assurance récolte» de GROUPAMA, qui mettent en évidence un taux de sinistralité  de l’ordre de 300 % au cours de ces dernières années.

La FDSEA et les JA suivent ce dossier avec une grande attention et engagent toutes les démarches possibles pour répondre aux appels de détresse des agriculteurs sinistrés.

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