Sécheresse, elle aussi atypique

Rédaction Vendée agricole

Le comité départemental d’expertise a fait les comptes, pour la Vendée il est demandé une reconnaissance de 45% de perte sur l’herbe pour cette année atypique.

Dans la continuité des missions d’expertise de début novembre, le comité départemental d’expertise vient d’acter les demandes de pertes que ce soit pour l’herbe et le maïs ensilage non irrigué. Ce dernier rentrant uniquement dans le calcul du taux de perte mais n’étant pas indemnisé car considéré assurable par l’Etat, comme l’ensemble des cultures.

45% de perte sur l’herbe

« Plus de peu ne fait pas grand-chose ! » voilà comment les représentants de la FDSEA et des JA ont entamés le comité d’expertise face au rapport de la pluviométrie estivale. Christian Jollet représentant de la FDSEA insiste : « les pluies fréquentes de cet été n’ont pas apporté suffisamment de millimètres, ce qui, avec l’évaporation accélérée par les vents d’est, n’a pas permis d’effet sur la production d’herbe ». De plus, les pluies estivales ont été suivies d’une période de sécheresse en septembre qui a fortement interrompu la reprise de la végétation. La DDTM va donc justifier à la demande de la FDSEA et des JA : 45% de perte sur prairies qu’elles soient naturelles ou temporaires pour l’année 2011.

Maïs et irrigation

Les données nationales sur le maïs vendéen obtenues à partir d’un logiciel qui analyse la photosynthèse annonçent +20% de production en 2011. « Mesurer une photosynthèse sur tout le maïs, qu’il soit irrigué ou non, retire toute la crédibilité de ce pourcentage et souligne de nouveau tout l’intérêt de l’irrigation et donc l’enjeu de la création de réserves » a répondu Hervé Pillaud. De la qualité avec du grain peut-être, mais en terme de volume, la forte hétérogénéité appuyée sur les expertises de terrain conduit à une année déficitaire en maïs ensilage non irrigué. Le zonage à l’intérieur du département n’est pas possible, en raison d’importantes disparités de pluviométries liées aux orages. Le comité départemental d’expertise propose au comité national 0% de perte sur le maïs ensilage sec et +10% au niveau du maïs ensilage irrigué pour 2011. Le bon pourcentage en maïs irrigué ayant été également permis par une gestion de l’irrigation appropriée à la situation et conduite en tant qu’organisme unique par la chambre d’agriculture.

Indemnités sécheresse

890 exploitations vendéennes exclusivement ou à forte dominante herbe ont bénéficié dès le 15 septembre d’une indemnité sécheresse. Ce paiement a été réalisé sur la base de niveaux de pertes provisoires sur l’herbe et le maïs. Les critères restrictifs d’éligibilité imposés par le ministère sont hélas identiques à 2010. En actant une augmentation justifiée de +10% de perte sur l’herbe par rapport au printemps, la FDSEA souhaite ainsi rendre éligibles quasiment 300 exploitations vendéennes supplémentaires aux indemnités. Pour Christian Jollet « Ce n’est pas suffisant, mais par rapport à un contexte national de restriction, nous allons permettre uniquement concernant les indemnités sécheresse aux 1200 exploitations éligibles, une compensation partielle de 3,5 millions d’euros. »

Exonération de TFNB

Le dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti est intervenu en ce qui concerne l’avance réalisée sur la base de la perte estimée en juin par le préfet soit 35% et uniquement sur les prairies déclarées « prés » au niveau du cadastre. Contrairement à 2010, cette exonération a été conduite par les services fiscaux nationaux, imposant un minimum concernant les rôles de 30€ (montant appelé pour les terres d’un propriétaire sur une même commune). Ce minimum était de 8€ l’an dernier, ce qui comme l’a dénoncé Christian Jollet pénalise de nombreux exploitants ayant des « petits » propriétaires. La FDSEA et les JA ont obtenu que l’exonération supplémentaire qui interviendra une fois le niveau de perte acté au niveau national s’additionne à la première pour ceux qui se situaient en dessous de 30€. La décision de dégrèvement n’interviendra qu’au premier trimestre 2012, comme ce fut le cas l’an dernier.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier