Sécheresse : Les agriculteurs ont besoin de pluie, maintenant

Sur une bonne partie de l'Hexagone, les agriculteurs scrutent le ciel en attendant une pluie salvatrice, pour assurer des récoltes en pleine formation mais menacées par la sécheress

En Poitou-Charentes ou en Rhône-Alpes, en Alsace ou en Pays-de-la-Loire, en Aquitaine, Bretagne, ou Normandie, mais aussi autour de Lille, le diagnostic est commun, dans un printemps parmi les plus secs et chauds des dernières décennies: il faut qu'il pleuve, vite, voire très vite, pour éviter une forte baisse des rendements des cultures semées en automne ou hiver, comme le blé, l'orge ou le colza.

En Champagne-Ardennes, « on attend avec beaucoup d'impatience des pluies importantes », sinon ces cultures « risquent un fort déficit de l'ordre de 50% », explique Gilles Debaire, président de l'association pour la gestion de la ressource en eau agricole et ses usages (Agreau 51).

« Sans pluie à partir de maintenant, on s'engage chaque semaine vers une perte progressive du potentiel de rendement » a-t-il expliqué. « Les huit à dix prochains jours seront décisifs », renchérit Daniel Martin, de la FRSEA Rhône Alpes.

Les grains de blé sont en formation en ce moment, et c'est maintenant que tout se joue, expliquent les responsables agricoles, plus ou moins pessimistes selon les régions.

« Même sur les bonnes terres on peut anticiper des baisse de 30 à 40% des rendements », pronostique Franck Sander, président des Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin, qui dirige une exploitation de 90 hectares.

En Bourgogne, « la situation est très préoccupante », avec des « baisses de rendement déjà marquées », mais il est « très difficile de mesurer l'impact » sur les récoltes, estime Arnaud Rondeau, de la FRSEA Bourgogne.

Dans l'Eure, les rendements sont « déjà compromis » pour les céréales cultivées dans les terres légères à faible réserve d'eau (plateau de Saint-André par exemple), mais « le potentiel n'a pas encore été touché dans les bonnes terres », selon Jean-Luc Cintrat, spécialiste agronomie à la chambre d'agriculture.

Dans la Beauce, le grenier à blé de la France, les céréaliers se disent plus « vigilants » qu'inquiets. « Les sols superficiels commencent à souffrir un peu. Les autres plus profonds possèdent encore des réserves », estime Philippe Lirochon, le président de la chambre d'agriculture d'Eure-et-Loir.

Un peu partout en France, l'inquiétude concerne aussi les éleveurs, qui voient l'herbe et les fourrages se raréfier.

« Je n'ai jamais vu aussi peu d'herbe dans les prairies », témoigne Jean-Paul Decherf, agriculteur à la tête d'une exploitation de 100 hectares, à Comines (Nord), dans la région lilloise.

En Aquitaine, « il n'y a pas eu de pousses d'herbe de printemps » et « les premières coupes ont été faibles », la situation des éleveurs est « dramatique » sauf en Pyrénées-Atlantique où il a plu, estime Gérard Mutolo, directeur de la FRSEA.

En Savoie, « les premières coupes de foin montrent des rendements en baisse de 30 à 40% », affirme la FDSEA.

Même sur les vertes pâtures de l'Ouest, la situation se tend.

Dans le bocage de l'Orne, « la chaleur fait que les graminées (ray-grass, brome, dactyle...) montent en graine sans faire de tige ou de feuille », les parties de la plante qui nourrissent les animaux, constate Xavier Goutte, un responsable technique de la chambre d'agriculture, qui craint que la situation ne devienne « difficile » pour les éleveurs.

Et les éleveurs s'inquiètent aussi du manque de paille qui pourrait se créer, si les récoltes céréalières diminuent.

Source d'après AFP

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