Section bovine de l'Udsea : La pression monte !

Marie-Noëlle Dassaud

Mercredi dernier, la section bovine du Puy-de-Dôme s'est rassemblée. Pour les éleveurs la coupe est plus que pleine

L'annonce Italienne de l'interdiction des entrées des animaux non vaccinés sur leur territoire à compter du 4 mars, fait monter la pression dans les exploitations. Jean-Paul Thénot, président de la section bovine, dressait la situation : « L'obligation de vacciner nos bovins pour l'exportation va nous entraîner dans une situation critique. Nous ne pourrons pas exporter avant 3 mois, ce qui veut dire qu'il n'y aura pas d'entrée d'argent dans les exploitations avant minimum 4 mois. De graves problèmes de trésorerie nous attendent. » Une reprise rapide des exportations est conditionnée à la mise en place de la campagne de vaccination des animaux.
Christophe Ayral, directeur du GDS, faisait le point sur les disponibilités des doses de vaccin au niveau national.
« Aujourd'hui, il y aurait à disposition 400 000 doses pour la France provenant du laboratoire MERIAL, ce qui permettrait de vacciner 200 000 broutards devant être commercialisés d'ici juin. La répartition entre les départements n'est pas encore connue.» Le Ministre a demandé aux préfets de chaque région de faire remonter les besoins des départements. Pour le Puy-de-Dôme, la profession estime qu'il y a encore 15 000 bovins destinés à l'exportation dans les mois qui viennent, soit un besoin de 30.000 doses(*).
A l'issue de cette section bovine, les éleveurs demandaient aux responsables de rencontrer le préfet afin qu'il s'assure que le département soit suffisamment pourvu en vaccins.

Vaccin FCO : Les éleveurs inquiets sur la disponibilité des doses

Vendredi dernier, suite à la demande de la section bovine, une délégation d'éleveurs a rencontré
M. Casenave-Lacrouts, secrétaire général de la préfecture.
Accompagné de M. Ravau, directeur des Services Vétérinaire et de M. Tridon, directeur-délégué de la Direction départementale de l'Agriculture, le représentant du Préfet a reçu les éleveurs. Ces derniers, par la voix de Bruno Chaput ont été très clairs sur leur demande : « il faut que les vaccins pour les animaux destinés à l'exportation arrivent le plus rapidement possible(…). Nous sommes dans un contexte où les exploitations subissent de plus en plus les aléas de la conjoncture : des cours qui sont bas, la hausse des prix des matières premières, aujourd'hui les exigences italiennes, cela ne peut plus durer ! Les exploitations sont dans le rouge. Il faut trouver des solutions pour que les éleveurs puissent nourrir leurs animaux pendant les trois prochains mois.»

Rencontre avec les services de la préfecture

Rencontre avec les services de la préfecture

 

Les représentants des pouvoirs publics se sont voulu rassurants sur la situation et sur les possibilités d'obtenir toutes les doses de vaccins nécessaires. La répartition des 200.000 doses se fera lors d'une réunion nationale à l'issue de laquelle une nouvelle rencontre sera organisée au niveau départemental pour faire le point des besoins dans les exploitations du Puy-de-Dôme.
Quant aux aides demandées par la profession pour soutenir les éleveurs, une enveloppe FAC ( Fonds d'allégement des charges) a été allouée pour le département à hauteur de 54.000 €, avec une possibilité de réévaluation dans les prochains jours. L'utilisation de cette enveloppe sera discutée en CDOA.
Enfin, Bruno Chaput rappelait que “la colère des éleveurs monte fortement” et qu'une action syndicale devrait se mettre en place dans les jours qui viennent.

* Deux doses sont nécessaires pour une vaccination (primo-injection + rappel 1 mois après).

Source Auvergne Agricole

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