Section laitière de la FDSEA : L'heure de transformer l'essai pour les producteurs de lait

Patricia Olivieri

Sur tous les fronts depuis des mois, la section laitière de la FDSEA dresse un point d'étape des trois défis de la filière : le soutien de la Pac, le prix du lait et le dossier AOC.

Interception de camions, blocage d'usine, “visites” des grandes surfaces, sensibilisation des consommateurs : jamais sans doute les producteurs de lait du département n'auront autant montré leur détermination à défendre leur métier et leur revenu. Il faut dire que ce second semestre 2008 aura été celui de tous les enjeux : discussion sur l'avenir des soutiens européens à l'élevage, retournement inattendu de conjoncture sur les marchés laitiers après l'embellie du début d'année et, plus localement, débat sur la valorisation économique du lait destiné aux AOC d'Auvergne. À avenir incertain, mobilisation exceptionnelle et communication permanente, mais diffuse. D'où la volonté de la section laitière de la FDSEA, réunie jeudi dernier, de re-situer ses revendications, ses acquis et, surtout, les chantiers à finaliser.

Pour un vrai projet de filière

Au titre des bonnes nouvelles d'abord, les prérogatives retrouvées et renforcées de l'interprofession laitière nationale sur la fixation du prix du lait. Autre élément positif relevé, un accord à Bruxelles qui permet à la France d'instaurer une aide spécifique à la production laitière de montagne et un soutien à l'herbe, sans contraintes environnementales (voir ci-dessous). Mais les responsables de la section cantalienne ont surtout voulu faire un point d'étape sur l'AOC, à moins de quatre semaines du 1er janvier 2009 et donc de la seule transformation en AOC cantal des laits de producteurs identifiés. “On revient toujours à la valorisation sur le lait et aux 70 e / 1 000 litres de plus-value que nous revendiquons. Mais nous militons aussi pour un vrai projet de filière visant à mettre en avant nos AOC d'Auvergne par une gestion rigoureuse de la qualité, par leur promotion et par une crédibilisation de la démarche via des contrôles stricts dès le 1er janvier prochain”, avancent les responsables de la section. Dont acte, mais quid justement de l'appel lancé aux producteurs pour un boycott de leur identification en l'absence d'une plus-value substantielle ? “On est toujours dans l'attente d'une réunion du Criel AOC, même si nous saluons les initiatives prises par plusieurs entreprises qui se sont dit prêtes à appliquer une prime AOC, précise la présidente, Chantal Cor. Des annonces de transformateurs qui ne correspondent pas au souhait des producteurs ; à savoir, “un accord, juridiquement solide, qui amène sur cinq ans plus 70 e / tonne”. “Les choses avancent mais il nous faut rester vigilants jusqu'au bout”, conclut la FDSEA.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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