Section Laitière FDSEA : Les producteurs pas assez réactifs face aux “dérives” des entreprises

Propos recueillis par P. OLIVIERI

S'il a beaucoup été question d'AOC ces derniers temps, la section laitière de la FDSEA se veut des plus vigilantes sur le prix du lait.

Entreprises et producteurs se sont quittés fin 2008 sur une recommandation nationale à la baisse sur le prix du lait. Que donnent les estimations pour la suite de 2009 ?

Chantal Cor, présidente de la section lait de la FDSEA : “Une chose est sûre, l'année 2009 ne sera pas bonne. Les tendances sont même des plus pessimistes. Le pire, c'est qu'on a à ce jour aucun élément précis sur ce que va donner la recommandation interprofessionnelle pour le second trimestre, les entreprises prétextant un effondrement des marchés qui enlèverait toute visibilité pour les prochains mois. Ce qui est plus grave, c'est que nombre d'entre elles ne respectent pas l'accord interprofessionnel acté pour le quatrième trimestre 2008 et début 2009. Et l'Auvergne n'échappe pas à la règle.”

C'est-à-dire ?

C. Cor : “Nous avons constaté que certaines entreprises appliquent un critère de flexibilité alors qu'elles n'en ont pas le droit. Pour se justifier, elles brandissent l'argument de la non étanchéité des marchés des produits laitiers les uns par rapport aux autres. Cela était déjà le cas il y a trois ans ! On ne peut pas utiliser cet alibi seulement quand les choses vont mal. Et cela ne s'arrête pas là : lors des dernières négociations au Criel (interprofession régionale) les entreprises ont tenté de faire anticiper la baisse du second trimestre 2009 en ponctionnant 6 e/1 000 litres sur le premier trimestre et ce afin de limiter l'impact au second.”

Y aura-t-il une réponse syndicale ?
C. C. : “Nous nous opposons fermement à ce genre de dérives des transformateurs. Mais il faut que les producteurs soient les premiers à réagir en s'adressant à leur entreprise. On ne peut pas d'un côté demander au syndicalisme d'aller chercher le maximum de plus-value et de l'autre laisser passer des ponctions illégales sur sa fiche de paie. Il faut que les producteurs soient plus vigilants.”

Avec un prix du lait à la baisse, le soutien de la Pac à la production laitière en zone de montagne n'en est que plus urgent...

C. Cor : “Effectivement, au-delà même du contexte actuel, il est impératif qu'à travers le bilan de santé nous obtenions un appui spécifique que nous revendiquons à hauteur de 40 euros/1 000 l pour redonner de la compétitivité aux producteurs en zones difficiles et maintenir une production sur ces territoires. Si nous parvenons à décrocher une telle aide et un soutien économique à l'herbe, nous pourrons entrevoir de nouvelles perspectives pour les revenus des producteurs du Cantal.”


Sachant que les producteurs attendaient aussi beaucoup des AOC.

C. Cor : “Nous sommes conscients d'avoir franchi la première marche d'un long parcours pour mieux valoriser le lait destiné aux AOC d'Auvergne avec l'objectif, accepté par tous, d'atteindre 70 euros/1 000 l en 2015. Beaucoup de gens sont déçus du niveau de la marche, ce que nous comprenons. Mais il faut aussi que chacun soit conscient que l'AOC n'est pas la solution pour tous et ne doit pas être choisie par défaut. Le fait d'avancer sur cette démarche qualité ouvre aussi des pistes sur le lait produit en montagne en valorisant le fait que ce lait présente des caractéristiques spécifiques. Plus on développera des démarches à côté des AOC, moins on aura de producteurs dans l'AOC qui ne sont pourtant pas prêts pour l'appellation.”
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source union du cantal

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