Semis de blé : une pluie à point nommé

Agnès Combes

En plaine et dans le bocage, les semoirs ont obtenu leurs bons de sortie. La pluie, même en faible quantité a humidifié la terre et donné le coup d’envoi des semis de blé. Reportage à la Bruffière.

Pas un nuage à l’horizon et un ciel bleu, complètement dégagé. Ce mercredi matin les rayons de soleil  réchauffent la terre humidifiée par les 10 mm tombés la veille. La terre de limon est fine. Le dessus des mottes reste encore frais mais en profondeur, on retrouve un lit de semence sec. A 11 heures, le mercure monte déjà à 15 °. Michel Durand va pouvoir sortir le combiné semoir et herse rotative. Cette machine est utilisée en commun par le groupe de travail «semis » de la Cuma «La Croisière » de la Bruffière. A son programme cet automne, l’emblavement de 200 hectares de blé de quatre exploitations.

«En semis direct, c’est un  temps idéal pour semer du blé. Mais, il faut des tracteurs puissants» relève Michel  La pratique du semis direct remonte déjà à huit ans dans cette exploitation et les cinq associés du Gaec «Le Cormier » ne relèvent que des bons points. « On gagne du temps, on dépense moins de gasoil. On casse moins la terre et les racines pénètrent bien dans le sol  en allant chercher l’eau dont elles ont besoin.» L’eau, c’est justement, c’est ce qui faisait défaut depuis quatre semaines.

Les ray grass italiens semés en septembre retrouvent des couleurs. Les couverts végétaux, un mélange d’avoine brésilienne et de phacélie, vont continuer à grimper et dépasser les 1 mètres. Et, les blés déjà semés commencent à lever. «10 mm tous les huit jours, on est preneur » plaisante Michel. La météo semble lui donner raison. La pluie est annoncée pour dimanche et lundi. 

85 ha de triticales et de blés

Dans cette exploitation de 265 hectares du nord bocage, avec un atelier lait et deux poulaillers label, la sole de blé et triticales monte à 85 hectares. Il faut donc composer avec la météo, ne pas perdre de temps et «assurer ». Mercredi 12 octobre, le coup d’envoi a été donné. «On a travaillé dans la poussière. Ce n’était pas idéal. On a utilisé  un fissurateur avec le combiné de semis, pour décompacter la terre tassée par le manque d’eau» reconnaît Michel.

Huit jours plus tard, 55 hectares étaient déjà en terre. «On a commencé avec les triticales sur des terrains non drainés, car dans nos petites terres,  si on attend trop, c’est risqué. Puis on a poursuivi avec des blés tendres. »

Trois variétés précoces

Pour leurs blés tendres, ces exploitants du bocage ont retenu trois variétés de des blés.  Un blé biscuité de la variété « Crousty » sur une surface de 30 hectares qu’ils conduisent en contrat avec Terrena et deux variétés de blés meuniers  (27 hectares). Michel privilégie les variétés précoces. «Nous sommes dans une région aux terres séchantes, de sable et de limon avec des terrains à faible potentiel. Il faut des variétés qui arrivent à floraison avant les coups de chaleur de juin. » Cette année, il a retenu Arrezo et Accroc. Cette dernière variété de blé barbu précoce a été référencée en 2010 et  les essais pronostiquent de rendements élevés et une bonne résistance aux maladies.

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