Sivens : les discussions entre pro et anti-barrage dans l'impasse

Sivens : les discussions entre pro et anti-barrage dans l'impasse

Les discussions visant à trouver un compromis sur le barrage de Sivens (Tarn) semblaient résolument dans l'impasse, après le refus catégorique, par les partisans du projet, d'un "compromis" proposé par les écologistes.

"Nous sommes prêts à faire un compromis", a expliqué Ben Lefetey, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, à l'issue d'une réunion à Toulouse entre les antibarrage et les experts chargés par la ministre de l'Écologie de trouver des "solutions alternatives" au projet contesté.

La solution prônée par les opposants consisterait à abandonner le barrage sur le site de Sivens et à utiliser plutôt des retenues collinaires existantes, des ouvrages de stockage d'eau construits par les agriculteurs eux-mêmes, et remplis par les eaux de ruissellement ou de pompage.

"Si les besoins en eau d'irrigation ne sont pas entièrement satisfaits", une nouvelle retenue collinaire serait construite, mais pas à Sivens, a précisé Thierry de Noblens, président de France nature environnement (FNE) en Midi-Pyrénées.

Mais les pro-barrage ont balayé du revers de la main ce "compromis".

"Ils s'imaginent que des gens qui sont déjà sous contrainte vont lâcher de l'eau à des fins collectives", a ironisé Philippe Jougla, président de la FDSEA du Tarn, défenseur du barrage.

Également vice-président de la Chambre d'agriculture du Tarn, Philippe Jougla  continue à favoriser "un ouvrage à l'identique" avec pour seule transformation une réduction du volume d'eau alloué à l'irrigation, après les critiques des experts sur le "surdimensionnement" du projet.  "On est dans des positions irréconciliables", reconnaît le syndicaliste.

Les pro-barrage ont "une position idéologique", dénonce Ben Lefetey. "Pour eux, perdre le barrage de Sivens serait une victoire des écolos", estime-t-il, soulignant que seul l'abandon du projet pourrait faire partir la grosse cinquantaine de zadistes qui occupe encore le site. Le porte-parole "voit mal comment" le barrage pourrait être maintenu, en particulier après la procédure d'infraction lancée fin novembre par l'Europe contre la France pour "détérioration de l'état écologique de la masse d'eau".

L'Union européenne était censée contribuer à hauteur de près du quart au financement du barrage, d'un coût de 8,5 millions d'euros.

Les experts doivent remettre leur rapport final la semaine prochaine à Mme Royal. "La décision est maintenant politique", estime Alain Hébrard, de la Confédération paysanne, syndicat agricole antibarrage qui participait lui aussi à la réunion de vendredi matin.

 

Source avec AFP

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Commentaires 2

dob

Je pense que la minorité qui en profite est plutôt celle qui cumulent dans cette histoire des responsabilité via leurs positions au sein de la Chambre, du conseil général et de la société de construction de barrage...
Mais bon, après tout à quoi ça sert d'avoir du pouvoir si on le détourne pas...

pietin 113

Pourquoi demander avis,une fois de plus,à une èxtrème minoritée politique,vivant pour partie au crochet du système social?

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