Sodiaal : Un groupe en fort développement

Avenir agricole et rural de la Haute Marne 52

Lors de ses réunions d’hiver, le groupe a fait un point sur la conjoncture du lait et sur ses fusions. La gestion de l’après-quotas a également été évoquée, l’objectif est d’anticiper pour faire face à ce changement et d’accompagner les sociétaires.

Des différences entre les marchés

Sodiaal était représenté par François Matrat, administrateur pour la région Centre-Est et Nicolas Beck, président de la section Centre. Le groupe fait face à une baisse de la production laitière sur la section centre, les exploitants sont de moins en moins nombreux, d’où la tension sur les prix.

L’année dernière, sur neuf mois, la collecte laitière européenne a baissé de 0,3 % (0,5 % en France). Le marché du fromage est en augmentation de 0,6 % avec une certaine dynamique pour le marché des poudres grasses à l’export. Il y a un net recul des fabrications de lait UHT et de poudre écrémée, signe d’un tassement de la consommation de produits laitiers en Europe et à l’exportation. La forte augmentation du prix du lait payé aux producteurs au deuxième semestre 2013 n’a été que peu répercutée sur les prix (sortie usine) des produits laitiers et pas sur les prix de vente aux consommateurs. L’envolée du prix du lait (départ ferme) depuis juin n’est répercutée que partiellement sur les prix (sortie usine) en lait de consommation sous l’effet de la médiation. Les transformateurs sont de nouveau sous forte pression avec un écrasement de leurs marges brutes. Les prix de vente moyens consommateurs ont très peu augmenté à cause de la concurrence entre distributeurs sur les prix. En 2012, l’autorité de la concurrence interdit à l’interprofession de fixer le prix du lait, chaque entreprise définit son prix. « Il faut produire un peu plus en été, on incite les producteurs dans ce sens » explique François Matrat « Nous voulons développer le brie de Meaux en termes de volume, avec nos propres producteurs qui sont sur la zone Haute-Marne et Aube ». Cependant, une entreprise doit savoir donner une utilisation du lait pour l’écouler, sans déstabiliser les autres marchés. Un médiateur a demandé une augmentation du prix du lait payé aux producteurs de 25 € / 1 000 l par rapport à 2012 pour couvrir les charges alimentaires. Malgré cela, la grande distribution ne l’a appliqué qu’au cours de l’année, en fonction des segments de marché et de ses clients. Dès avril, Sodiaal a appliqué les 25 euros supplémentaires.

Un groupe de taille européenne

La fusion des coopératives 3A COOP et Sodiaal Union permet de constituer un acteur coopératif majeur, capable d’affronter la concurrence européenne et de faire face à la fin des quotas laitiers. Réalisant 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires avec des domaines d’activités complémentaires, le groupe est présent sur tous les métiers du lait et dispose d’un plateau de fromage complet. L’organisation similaire des deux groupes facilite leur rapprochement et la mise en œuvre de synergies, bénéfiques pour leur développement. Sodiaal a également fusionné avec Lacopab, une coopérative laitière de l’Ain, dans l’objectif de maîtriser les laits de ce dernier, devenus flottants, ainsi que le devenir du site. Le groupe se compose à présent de 14 000 producteurs, soit 4,6 milliards de litres collectés dans 71 départements, sur huit régions coopératives. Le groupe est présent dans tous les métiers du lait, il représente 31 % du marché fromager (hors pâtes fraîches). Il est leader en raclette et brie de Meaux, co-leader en pâtes pressées cuites, en pâtes molles et en  nster. Sodiaal est aussi premier pour le lait de consommation et le deuxième pour le beurre en France. Le groupe pèse au niveau international puisqu’il est le leader mondial du lactosérum déminéralisé et des laits en poudre granulés. Il est aussi le premier au niveau de l’alimentation animale pour les poudres réengraissées. Il est leader des pâtisseries et des produits traiteurs surgelés et le deuxième mondial des produits frais. Sodiaal est la première coopérative française, la troisième d’Europe et la cinquième dans le monde.

La gestion de l’après-quotas

Un travail de concertation a abouti à des propositions, l’objectif est d’adapter les statuts et le règlement intérieur lors de l’assemblée générale de juin 2014, pour gérer les volumes dès avril 2015. Au 1er avril 2015, le volume servant de base au contrat coopératif des sociétaires adhérents serait le quota détenu au 31 mars 2015 par point de collecte, défini par France Agrimer. La gestion de la matière grasse n’aurait plus d’influence après 2 015. Le dernier transfert de référence ventes directes en référence laiterie serait à prévoir avant avril 2015.

La base de la redistribution serait le bilan de l’équation laitière validé par le conseil d’administration. L’équation laitière va en permanence équilibrer les ressources et les besoins. Il est fondamental de ne pas avoir des excédents non valorisés dans la coopérative. Il n’y aurait pas de reprise des références non-produites (sauf pour les producteurs qui arrêtent totalement leurs livraisons). Les jeunes agriculteurs réaliseront une demande écrite du volume souhaité dans le projet. L’attribution volume sera faite en une fois, elle tiendra compte des UTA présentes sur l’exploitation, soit 300 000 litres par UTA maximum, avec un plafond de 450 000 litres par UTA. Elle sera rétroactive sur la campagne 2014 / 2015 et prendra en compte les dotations du bassin. Pour le développement des exploitations dans un marché mondial porteur avec un prix volatil, la coopérative accompagnera tous ses producteurs quelle que soit la quantité de volume demandé en captant ses parts de marchés internationaux porteurs. Ces nouveaux marchés étant à l’export, les attributions seraient en volume B. Pour éviter des demandes de volumes incontrôlées, il serait proposé un versement préalable du capital social. « Il faut que l’on réfléchisse aux moyens d’inciter nos producteurs à respecter leur plan de développement, à la hausse comme à la baisse. Plus ces mesures seront fines, plus nous serons en mesure de répondre à un maximum de demande et de bien valoriser ce lait » conclut Nicolas Beck.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier