Sommet de l'élevage : Michel Barnier réaffirme son soutien aux éleveurs

Sophie Giraud et Charlotte Rolle

Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier a annoncé, la semaine dernière, un plan de soutien supplémentaire de 30 millions d'euros pour les élevages touchés par la FCO.

Avant de s'engager dans une visite au pas de course du Sommet de l'élevage, qui s'est tenu, jeudi, vendredi et samedi dernier, à Cournon (Puy-de-Dôme), le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, s'est exprimé, devant un amphithéâtre bondé. Son discours était très attendu par les éleveurs, le président du Sommet de l'élevage, Roger Blanc, n'a pas manqué de lui rappeler, revenant sur la mobilisation du 16 septembre, à Clermont-Ferrand : « S'il est normal que la prise en otage de deux de nos concitoyens au large de la Somalie provoque la mobilisation de l'appareil d'Etat et de la presse, il nous semble aussi légitime que le cri de détresse des 20.000 paysans soit écouté ». Le ministre a affirmé avoir « pris la mesure du désarroi des éleveurs » et expliqué ce qu'il pouvait faire « maintenant pour faire face à la FCO, répondre aux difficultés de revenu des éleveurs et pour préparer l'avenir ». Sur la FCO, le ministre a annoncé qu'1,3 million de doses contre le sérotype 1 étaient désormais disponibles et qu'un autre appel d'offres portant sur 50 millions de doses avait été lancé (pour une mise à disposition au 15 octobre). Par ailleurs, les élevages touchés par la FCO bénéficieront d'un plan de soutien supplémentaire de 30 millions d'euros.
Pour le ministre de l'Agriculture, « la stratégie est claire, c'est la vaccination obligatoire en 2009, de tout le cheptel des petits ruminants et des bovins pour les deux sérotypes durant la période hivernale ».

Qui vaccinera ?

Quand il parle « d'examiner les possibilités d'un nouveau périmètre de l'acte vétérinaire », Michel Barnier semble ouvrir une brèche dans le processus de vaccination, qui pourrait être effectuée par… les éleveurs. Cette hypothèse reste pour le moment à confirmer.
A l'heure actuelle, dix sept pays de l'Union européenne appuient le principe d'une politique vaccinale commune (généralisation de l'obligation de vacciner), la nécessité du maintien d'un soutien financier communautaire et la révision de la réglementation sur les conditions de mouvements d'animaux. Objectif : pourvoir vacciner dans les zones indemnes, sans pour autant bloquer les flux commerciaux.

Le ministre de l'Agriculture a parcouru les allées du Sommet de l'élevage, vendredi dernier, aux côtés du président, Roger Blanc et de Jacques Chazalet, président de la FRSEA Massif central

Le ministre de l'Agriculture a parcouru les allées du Sommet de l'élevage, vendredi dernier, aux côtés du président, Roger Blanc et de Jacques Chazalet, président de la FRSEA Massif central

 

Conférence sur le revenu

Sur le front du revenu, qui fera l'objet d'une conférence dans les semaines à venir, Michel Barnier, a avoué travailler sur trois pistes : l'allégement des charges financières et sociales, l'allégement de la facture énergétique et des mesures structurelles dès 2009 en faveur du secteur ovin.
La mobilisation des DPU dormants en faveur de l'élevage ovin, sera, selon Michel Barnier « la première étape de la réorientation de la PAC ». Le ministre s'est fixé quatre objectifs à court terme dans le cadre du bilan de santé : soutenir les systèmes de production valorisant l'herbe dans le cadre du premier pilier, consolider la production ovine par la mise en place d'un soutien spécifique (au-delà du soutien à l'herbe), créer un fonds d'indemnisation sanitaire, et accentuer l'ancrage des bassins de production dans les territoires (démarches qualité, maintien du potentiel de production).
En novembre, les 27 états membres de l'UE devront conclure un accord sur le bilan de santé. L'heure des discussions françaises sur les modalités d'application fera certainement l'objet de débats difficiles, que le ministre s'est dit prêt à assumer.

Plan FCO

Volet sanitaire
Vaccination obligatoire de tout le cheptel des petits ruminants et des bovins pour les 2 sérotypes durant la période hivernale entre décembre et mars.
- sur le sérotype 8, lancement d'un nouvel appel d'offre pour la campagne vaccinale de 2009 pour disposer des 40 millions de doses nécessaires et sécuriser l'accès au vaccin pour les éleveurs français,
- sur le sérotype 1, mobilisation actuelle de tous les fournisseurs possibles pour disposer dans les meilleurs délais du maximum de doses. Un marché négocié portant sur 1,3 million de doses a déjà été signé avec Fort Dodge et ces doses sont disponibles. Lancement également d'un appel d'offre portant sur 50 millions de doses. L'ouverture des plis est prévue le 15 octobre.

Volet économique
Mise en place d'un plan supplémentaire de soutien aux élevages touchés par la FCO, soit 30 millions d'euros, en complément des 168 millions débloqués ces 18 derniers mois pour la FCO.
- Pour les mortalités. L'aide complémentaire est poursuivie au moins jusqu'au 15 novembre. Les discussions qui vont être engagées avec les responsables professionnels sur les conditions d'attribution, sur la non prise en compte des morts naturelles et sur l'évolution du sérotype 1 conduiront à examiner la situation au delà de cette date.
- Concernant les limitations de mouvements des animaux : reconduction des aides au maintien des animaux dans les élevages et à l'engraissement. Les modalités de mise en oeuvre seront définies prochainement.
- Déblocage d'une nouvelle enveloppe du fonds d'allègement des charges (FAC) afin de tenir compte des difficultés de trésorerie des exploitations, notamment du fait de l'extension du sérotype 1.
- Prise en charge des cotisations sociales : une enveloppe exceptionnelle d'1 million d'? prise sur le budget du ministère viendra s'ajouter à l'enveloppe de 1,1 million d'? proposée par la Caisse centrale de Mutualité sociale agricole.

Source Auvergne Agricole

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