St-Flour : quand l’agriculture investit aussi les villes

C.Fournier

St-Flour : quand l’agriculture investit aussi les villes
Daniel Joulé suit de près les travaux de son petit groupe de BTS. - C.Fournier

L’agriculture n’est plus seulement l’apanage des zones rurales : elle fait désormais aussi sa place en ville.

Depuis la rentrée, des étudiants du  CFPPA de Saint-Flour en BTS ACSE(1) travaillent sur l’agriculture urbaine. Leur mission : apporter des éléments de réflexion face aux enjeux économiques, alimentaires, sociaux et environnementaux auxquels doit répondre l’agriculture urbaine, un concept qui s’est développé il y a une dizaine d’années, et dont le Canada est l’un des précurseurs. “L’idée est d’occuper les espaces libres. Il s’agit d’une démarche alternative”, indique Daniel Joulé, chargé d’ingénierie accompagnant les étudiants  dans leur Projet d’initiative en  communication (PIC). Et pour lui, “cette agriculture urbaine interroge sur la relation entre ville et agriculture, deux catégories traditionnellement  distinctes”.

La ville aux champs

Claire Beaudrey, Noélie Albuisson et Michael Ange Tournois ont choisi de travailler sur cette problématique. Elle s’inscrit dans le thème général de “La ville en mutation”, et, pour ces étudiants, “avant d’avoir eu vent de cette agriculture urbaine, nous avions alors en tête un schéma classique. D’un côté, la ville, de l’autre, les champs et l’agriculture”. Quant à la méthode : “Nous  avons  cherché  des producteurs ruraux et urbains, à Paris et à Lyon, mais, en ville, il faut reconnaître que nous n’en avons trouvé que très peu”. Dans ce contexte, ils ont axé leur enquête sur plusieurs productions : ovins, bovins lait, maraîchage, bio en rural et vente directe). Par le biais de micros-trottoirs opérés à Saint-Flour et Clermont Ferrand, les consommateurs ont eux aussi exprimé leur opinion et, s’ils adhèrent à “cette forme d’agriculture qui se développe, s’ils se disent prêts à acheter, ils se méfient de l’impact d’une éventuelle pollution sur les produits”. L’agriculture en milieu urbain, poursuivent les étudiants, “doit permettre de nourrir davantage de population, ce qui va dans le sens de l’accroissement démographique”. Et “l’urbanisation prend sans cesse de l’ampleur”, complète Daniel Joulé, qui brosse un contexte sociologique dans lequel “près de la moitié de la population mondiale vit dorénavant dans les villes (contre10 % seulement en 1900). Cette proportion est encore bien supérieure dans les pays les plus urbanisés, comme la France. D’où des limites de l’urbanisation qui sont sans cesse repoussées. La question qui se pose, conclut-il, est de comprendre en quoi l’agriculture en ville représente une approche contemporaine innovante de réappropriation de l’espace urbain, et quels appuis elle peut trouver auprès des acteurs de l’agriculture rurale”. À charge donc pour ces étudiants de mettre en évidence la manière dont s’établissent les relations entre espace urbain et rural. La finalité de cette action - hormis leur note à l’examen - étant de faire découvrir à un large public (parents d’élèves, agriculteurs, futurs agriculteurs et habitants du territoire cantalien) cette agriculture urbaine.

(1) Analyse et conduite de systèmes d’exploitation.

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