Stéphane Le Foll au Sommet : un ministre en quête d’abondance

Sophie Giraud-Chatenet

Le ministre de l’Agriculture a arpenté les allées du Sommet de l’élevage, guidé par les responsables de la profession agricole.

La visite du ministre de l’Agriculture, jeudi matin, au Sommet de Clermont-Cournon, n’est pas passée inaperçue. Au programme : beaucoup de convivialité et quelques annonces.

La visite qu’a effectuée le ministre de l’Agriculture au Sommet de l’élevage, jeudi matin, avait plus des allures de balade que de marathon. Pas avare en poignées de mains, il a pris le temps de discuter avec les éleveurs, avec les exposants et les responsables professionnels, ne ménageant pas ses “salut, ça va ?”, ses encouragements pour untel ici, les occasions de déguster un produit du terroir là... Mais attention, il ne faut pas voir dans la décontraction de Stéphane Le Foll le signe d’un défaut de détermination. “Je suis dans le discours ambitieux pour l’élevage et en même temps en mesure de le concrétiser”, a martelé le ministre. Aux paroles aux accents lyriques de Pierre Chevalier, président de la FNB, vantant le patrimoine précieux de la France tout en démontrant habilement “qu’on ne peut pas produire de la viande bovine avec les pissenlits et les pâquerettes”, le ministre a répondu : “Je ne veux pas que la France devienne un pays spécialisé dans les céréales. Un grand pays agricole, c’est aussi de la production bovine, ovine, caprine et porcine.” Voilà pour l’intention. Pour ce qui est des moyens, les propos se sont faits plus généralistes.

Nouveaux mécanismes

Le ministre a évoqué une rencontre prochaine, a priori le 21 octobre, entre l’amont et l’aval des filières impliquant la grande distribution pour caler la mise en œuvre opérationnelle de l’accord cadre du 3 mai 2011 (lire aussi en page 23). Cet accord volontaire prévoit que les représentants de producteurs, transformateurs et distributeurs des filières porcine, bovine et de la volaille s’engagent à ouvrir des négociations sur les conditions de vente des produits issus de ces filières, en cas de variation excessive à la hausse et à la baisse des prix des aliments. Force est de constater que sa mise en musique n’est pas si évidente, d’où l’intérêt de battre le rappel. Sur la Pac, Stéphane Le Foll a souligné que la position de la France n’avait pas changé : “Nous défendrons le maintien du budget.” Dans le détail de la prochaine réforme, il s’est dit vigilant, pour “qu’à côté de la convergence des aides, il y ait une mécanique de découplage permettant de soutenir l’élevage, et plus globalement la polyculture élevage”.

En matière de production laitière, là aussi pour le ministre de l’Agriculture, fin des quotas ne doit pas être synonyme de bérézina. “Il nous faut des mécanismes nouveaux pour gérer ces marchés et retrouver de la coopération au niveau ­européen.” Pas plus tard que mercredi, un courrier a été adressé en ce sens au commissaire européen par le ministère de l’Agriculture. Au chapitre du plan de modernisation des bâtiments, les nouvelles sont plutôt rassurantes puisque Stéphane Le Foll a indiqué que “des efforts budgétaires seront faits avec une priorité pour la jeunesse”, sans préciser l’ampleur de ces efforts. Pas à court de formule et faisant le lien avec une des races bovines à l’honneur cette année, ­Stéphane Le Foll a confié qu’il aurait bien aimé être le président de l’abondance…

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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