Stéphane Le Foll aux Terres de Jim

Lise Monteillet

Stéphane Le Foll aux Terres de Jim

Le ministre de l’Agriculture a fait le tour des partenaires de l’évènement. L’occasion de revenir sur les sujets qui fâchent, dans la profession. Il a aussi récompensé les lauréats du concours "graines d'agriculteurs", en compagnie d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État au Numérique. 

Graines d’agriculteurs : les gagnants récompensés

Stéphane Le Foll aux Terres de Jim

Les prix du concours « graines d’agriculteurs » ont été remis à Terres de Jim. L’édition 2016 était placée sous le signe de l’innovation environnementale. « L’environnement est un enjeu incontournable pour la jeunesse agricole si on l’aborde dans le bon sens, avec pragmatisme et non dogmatisme »,  souligné Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs.

Trois lauréats ont été récompensés. Ange Loing est éleveur de vaches laitières. Il transforme son lait en fromages, yaourts et glaces, valorisés en vente directe. Il produit de l’électricité avec des panneaux photovoltaïques et trois petites centrales hydroélectriques. Il vend également du bois énergie.

Baptiste Pineau produit des pommes et fabrique du jus de fruits, en parallèle d’un élevage de volailles et d’ovins. Il projette de développer un verger en agriculture biologique. Lui aussi a installé des panneaux photovoltaïques sur ses toits et espère par la suite autoconsommer l'énergie produite. 

Enfin, Agnès Kindt, agricultrice bio, a choisi le maraîchage afin de pouvoir faire de la vente directe et ainsi développer le contact avec les clients. Elle revend l'intégralité de sa production à une Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne).

Après les inondations, la sécheresse. L’année 2016 est marquée par d’importants incidents climatiques, qui font dire à Stéphane Le Foll, en visite aux Terres de Jim, que « nos systèmes de gestion des calamités, des aléas climatiques, ne sont plus adaptés à de tels écarts ». Quatre mois après un épisode de fortes pluies, c’est en effet le manque d'eau qui occupe les esprits.  

Assouplir les contrôles

Quelques minutes après son arrivée sur le site des Terres de Jim, le ministre de l’Agriculture est interpelé par Joël Limouzin, président de la chambre d’agriculture de la Vendée. Pour ce dernier, il est urgent que l’État donne davantage de souplesse aux contrôleurs sur le terrain. « Les agriculteurs n’ont pas envie de semer des Cipan alors que rien ne va pousser avec une telle sécheresse. Cette année est exceptionnelle, il faut accepter que les repousses naturelles fassent offices de pièges à nitrates », insiste-t-il. Dans son secteur, les agriculteurs sont à bout. « Je ne sais pas quel va être l’accueil des contrôleurs, ils risquent de se faire renvoyer à coup de fourche », explique-t-il. En Vendée, pourtant, le dialogue existe entre la profession agricole et la DDT. Il y a deux ou trois ans, une charte du contrôle a été mise en place. Mais, « la DDT a besoin de lignes plus claires », note Joël Limouzin.

« Un système fluide de garantie bancaire »

Stéphane Le Foll s'entretient avec Luc Jeanneau, président de la caisse régionale Atlantique Vendée du Crédit agricole, quelques stands plus loin. Le ministre demande à la banque agricole de collaborer pour « mettre en place un système fluide de garantie bancaire », afin de concrétiser rapidement « ces prêts, ces relais » qui vont permettre aux exploitations de dépasser la crise. «Elles se comptent en plusieurs milliers aujourd’hui », souligne-t-il.

A l'écoute, Luc Jeanneau se montre vigilant vis-à-vis du concept d’année blanche, un terme aux contours assez flous. Il assure néanmoins que sa banque accompagne et conseille ses clients « au cas par cas ». 

Une plateforme numérique pour l’agriculture

Stéphane Le Foll rejoint ensuite Axelle Lemaire, secrétaire d’État au Numérique. Tous deux annoncent la création d’une plateforme spécifique pour l’agriculture, afin que les données restent la propriété des agriculteurs. « L’innovation, le numérique, font partie des solutions à la crise que traversent actuellement les agriculteurs », souligne Axelle Lemaire. A titre d’exemple, elle cite les plateformes de ventes directes, favorisant une agriculture locale. A la fin de son intervention, plusieurs agriculteurs interpellent la secrétaire d’État : il faudrait déjà que tous les agriculteurs puissent avoir accès à Internet, pour « aller sur Télépac », « déclarer un veau à la naissance »…  

Renforcement de la DJA

Devant un parterre de Jeunes agriculteurs, Stéphane Le Foll réalise enfin le bilan de ses actions auprès de la jeunesse : rénovation de la DJA, assouplissement des pénalités, reconnaissance de l’installation dans la PAC… Il annonce un basculement de l’enveloppe dédiée aux prêts bonifiés vers un renforcement de la DJA. D’un montant total de 21 millions d’euros, seulement 5 ou 6 millions d’euros étaient utilisés. « Cette politique de transfert se mettra en place début 2017 », assure-t-il. Faut-il y voir une promesse de campagne, à quelques mois des présidentielles ? 

 

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Commentaires 11

Moncom

Oui 2388x c'est incompréhensible ! aucune solidarité ! L'agriculture est un désastre dans plein de "zones intermédiaires" et on y voit des fêtes des labours, des comices agri, des foires... le space ! comme si tout allait bien ! et un article par semaine dans le journal local avec photo des présidents de Chambre avec des élus...pour du bla, bla,et quoi à la suite ? RIEN... Ils s'en fichent des petits et moyens agri ; çà les arrange qu'ils soient en difficultés, pour mieux grossir les plus gros agris, clients des CA/CER/MSA/GROUPAMA/grosses COOP... et puis Le Foll il se casse en 2017 donc rien à foutre de nous...

CLOCHE427

que fait la sainte fnsea? paysans il y a trop longtemps que vous crevez de vos divisions,,,, <changez de siecle

unika

Je continue de croire la politique porte des fruits.Aujourd'hui on récolte ceux de LEMAIRE qui a cautionné l'abandon de la régulation de la production laitière avec l'aval de la FNPL!!!

common

@hetre humain
Si tu crois vraiment qu'une seule (!) personne serait capable d'"apporter des solution a la situation catastrophique des exploitations"... bin, c'est plus rien qui m’étonne! Puis, depuis presque des siècles le nombre des gens qui travaillent dans l'agriculture diminue... pourquoi ca devrait etre different aujourd'hui? Merci de me repondre!

grigri

lefoll c'est trop tard retourne d'ou tu viens

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