Stéphane Le Foll et Guillaume Garot en Bretagne pour désamorcer la crise agroalimentaire

Stéphane Le Foll et Guillaume Garot en Bretagne pour désamorcer la crise agroalimentaire

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll vient aujourd’hui en Bretagne, accompagné par Guillaume Garot, pour une journée consacrée à l'agroalimentaire, l'un des piliers de l'économie bretonne malmené par des restructurations et des plans sociaux.

Dès 10h, ils participeront à une réunion organisée par la Banque publique d'investissement (BPI) à la préfecture de région, à Rennes.  Autour de la table, des représentants de la région, des entrepreneurs ayant bénéficié des aides de la banque mais aussi l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires (Abea).

Cette dernière  souhaite que le gouvernement accompagne à Bruxelles les dirigeants des entreprises de la volaille grand export (Doux, Tilly-Sabco), mises à mal par l'arrêt des subventions européennes à l'exportation : la Commission européenne a campé cette semaine sur sa décision de cesser de subventionner les exportations de volaille, mais a proposé de recevoir le 22 novembre les volaillers de Bretagne, a expliqué à l'AFP Jean-Luc Cade, directeur général de l'Abea.

L'Abea va aussi demander au gouvernement de se battre au niveau européen, cette fois pour faire cesser "l'énorme problème de compétitivité" subi par les entreprises agroalimentaires françaises productrices de volaille et de porc face à des pays européens qui utilisent en toute légalité une main d'œuvre à bas coût. "Il faut revoir au moins quelques règlements européens qui permettent à des pays comme l'Allemagne d'embaucher de la main d'oeuvre au prix du pays d'origine", ce qui est interdit en France, a expliqué  M. Cade.

A plus longue échéance, l'association demande des aides pour les autres entreprises agroalimentaires de la région qui "ont besoin d'améliorer leur compétitivité", des aides qui permettront d'améliorer leur logistique ou encore de se moderniser.

Aider la région à se relever

Cette matinée, organisée par la BPI, s'inscrit dans l'élaboration du "Pacte d'avenir pour la Bretagne". Depuis mardi des réunions sont organisées à la préfecture pour élaborer ce pacte avec les acteurs économiques, sociaux, politiques et institutionnels avec l'objectif de trouver d'ici fin novembre les solutions pour aider la région à se relever.

Entre le volailler Doux (971 suppressions d'emploi) fin 2012, le volailler Tilly-Sabco où 300 emplois sur 340 sont menacés en janvier 2014 et la société d'abattage/transformation Gad SAS qui a supprimé 889 emplois, l'agroalimentaire breton est confronté à une crise économique et sociale, amplifiée par celle de son agriculture qui peine à trouver le bon modèle pour faire face à la concurrence étrangère. Les deux secteurs représentent environ un tiers des emplois de la région.

L'écotaxe poids lourds, que le gouvernement a provisoirement suspendue, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, d'où des manifestations parfois violentes dans le Finistère, département le plus fragilisé par les récentes suppressions d'emplois comme chez le groupe norvégien Marine Harvest qui va supprimer 300 emplois à Poullaouen.

Les ministres  déjeuneront avec des représentants des organisations syndicales régionales, avant de rencontrer les organisations professionnelles agricoles. Aucune rencontre avec les « Bonnets rouge » n’est prévue.   Le ministre "regarde l'incendie de loin", estime Christian Troadec, maire DVG de Carhaix et porte-parole du collectif "Vivre, travailler et décider en Bretagne" qui mène la fronde contre l'écotaxe avec les "Bonnets rouges".

Vidéo : Stéphane le Foll sur Europe 1

Source AFP/ Europe1.fr

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier