Submersion prolongée : Constats de la 1ère mission d’expertise

Vendée agricole Rédaction

Les effets de l'eau stagnante sur les berges.
Les effets de l'eau stagnante sur les berges. (c) vendée agricole

A peine l’eau évacuée que la mission d’expertise sollicitée par la FDSEA et les JA a déjà sillonné le Marais breton cette semaine pour constater les dégâts.

Submersion prolongée : Constats de la 1ère mission d’expertise

Une mission d’enquête mise en place par la préfecture a débuté ce mardi 18 mars dans le marais breton. Pour Christian Francheteau représentant de la Chambre d’agriculture « il s’agit, dans la continuité des alertes émises en ce début d’année, d’avancer dans la procédure de reconnaissance des dégâts ». Toute la journée de mardi a été nécessaire à la délégation pour relever la situation précise concernant l’impact destructeur de l’eau sur le marais breton.  Les représentants de la DDTM ont cherché à comprendre pourquoi dans le marais l’eau avait un tel impact négatif. Pour les exploitants sinistrés l’eau est l’explication : une submersion longue, tardive et avec des niveaux d’eau supérieurs aux derniers épisodes de 2000-2001. C’est l’inhabituelle pluviométrie de l’hiver qui explique en partie ces conséquences. Pour Christian Jollet, représentant de la FDSEA à la commission départementale d’expertise « la mission d’enquête a mis en évidence des pertes de fourrage que ce soit en qualité et en quantité sur les prairies du Marais breton. En passant en voiture, ce sont les quelques pousses vertes qui ressortent. Mais, les deux pieds dans les parcelles, une fois gratté la couche d’herbe morte et d’algue qui forme un véritable tapis sur tout le sol, il n’y a plus qu’un brin d’herbe de temps en temps encore enraciné ».

Ils ont remonté

Franck Besseau, éleveur allaitant à Sallertaine : Nous avions mis 5 années suite à un épisode de submersion aussi long pour retrouver une richesse et diversité dans nos prairies. Comment vais-je alimenter mon troupeau avec des prairies sans herbe ? Les premières naissances arrivent mais je ne pourrais pas sortir le troupeau avant combien de temps ?

Patrick Naulleau, éleveur laitier à Sallertaine : L’algue et l’eau ont totalement asphyxié la prairie. Ce mélange d’herbe pourrie et d’algue va se retrouver dans ce qui sera fauché. Les prés de marais sont fortement touchés, mais pas seulement, les prairies temporaires sont comme désherbées et les cultures d’automne également.

Gérard Pajot, éleveur laitier à St-Urbain : L’eau est passée par-dessus les digues, elle est donc encore piégée et ne repart pas facilement, les prairies sont encore couvertes d’eau alors qu’en année normale, les vaches pâturent depuis 15 jours.

Stéphane Bonnin à St-Jean-de-Mont et Fabrice Caiveau à St-Hilaire-de-Rietz constatent le même phénomène, que ce soit pour le sud du Marais breton. Au nord, même constat chez Stéphane Delapré à Chateauneuf « Je n’ai pas besoin de cette herbe pourrie qui va rester sur place, ni de charges supplémentaires en plus de la perte de fourrage pour nettoyer les prairies qui donneront du foin de mauvaise qualité ! »

La mission se réunira de nouveau cet été avant l’organisation d’un comité départemental d’expertise qui chiffrera alors le niveau des pertes.

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