Sud-Ouest : des mesures d'urgences pour les agriculteurs

Sud-Ouest : des mesures d'urgences pour les agriculteurs

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, venu jeudi après-midi constater les dégâts provoqués par les intempéries dans le Sud-Ouest, a annoncé des mesures d'urgence pour venir en aide aux agriculteurs et aux éleveurs.

Le ministre a promis la mise en place rapide d’un plan d’action qui intègrera « des actions sur les cotisations, sur les annuités d'emprunt, sur la possibilité d'utilisation des jachères (...) » et l’utilisation « du fonds de calamité »,  a-t-il précisé. Ce type de plan avait déjà été déclenché au moment des inondations dans l'Est,  il y a un mois et demi (voir le détail ICI).

Les orages de grêle et déluges qui s'abattent sur les cultures depuis le début de la semaine après un printemps froid et humide viennent alourdir la facture pour l'agriculture avec des dégâts estimés jeudi à 500 millions d'euros par la FNSEA.  Le sud-ouest a été particulièrement touché par des inondations, des orages de grêle et, depuis plusieurs mois, par des précipitations très importantes.

"En ce qui concerne le montant des dégâts, cela nécessite une évaluation. Le président de la FNSEA fait des annonces, nous, nous allons évaluer tout cela. Mais je ne suis pas en capacité d'annoncer des chiffres", a réagi le ministre. "Je reviens de Bruxelles, nous allons regarder ce que nous allons pouvoir faire à l'échelle européenne, surtout que d'autres pays sont frappés par les inondations", a-t-il encore ajouté.

Fernand Batinié, secrétaire général de la Coordination rurale de Haute-Garonne, n'a pas caché les attentes très importantes des agriculteurs en ces temps difficiles. "Ce que l'on attend du ministre, c'est qu'il fasse jouer la solidarité nationale et européenne. Donc que des fonds soient débloqués. Dans le cas contraire, l'agriculture française deviendra un mouroir. On arrive au bout là, c'est la goutte qui fait déborder le vase", a-t-il déclaré.

Aquitaine : 50.000 ha non semés

D’autres régions ont été touchées par les intempéries. En Aquitaine, "toutes les productions végétales souffrent", relève Gérard Mutolo, directeur de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA): "Les plus touchées sont les cultures céréalières, en particulier le maïs car des mises en culture n'ont pu être faites à cause de la pluie et on commence à arriver trop tard dans la saison pour le faire". Selon lui "50.000 ha de maïs n'ont pu être semés" et les autres cultures souffrent de l'excès d'eau et des températures trop basses.

En Touraine, près de 5.000 ha de céréales (blé, orge et surtout colza) sont endommagés, avec des sols gravement frappés et des cultures "hachées" par 15 minutes de grêlons gros comme des balles de ping-pong.  La verse risque notamment d’entraîner des germinations des grains  et le développement de maladies  au contact de la terre humide. Le mois dernier, 70.000 ha avaient déjà été perdus dans les régions du centre-est en raison des inondations, selon l'Assemblée des Chambres d'Agriculture.

Dans de nombreuses régions trop arrosées, les éleveurs sont aussi à la peine: ils ont dû rentrer les bêtes en zone inondée et les foins n'ont pu être faits, ce qui risque de créer, si ce n'est une pénurie, au moins une forte tension sur les approvisionnements en fourrage, prévient François Thabuis, président du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA).

Dans l'Yonne, selon Francis Letellier, président de la FDSEA, "la production des cerises dont la récolte commençait à peine a été détruite de 50 à 80% par la grêle et le reste risque d'éclater avec la pluie".

Source avec AFP

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