Syndicalisme : La colère des éleveurs du Massif central fait tâche d'huile

Patricia Olivieri

Syndicalisme : La colère des éleveurs du Massif central fait tâche d'huile

Les 22 départements du berceau des races à viande devaient passer à l'action le 26 mars pour redonner des perspectives au monde de l'élevage.

Il y a quelques années, la seconde crise de l'ESB, doublée d'un foyer de fièvre aphteuse en France, avait suscité des cellules de crise à répétition en préfecture et une forte mobilisation des pouvoirs publics, poussée par l'ensemble de la filière bovine. Sept ans plus tard, alors que le Cantal et tout l'élevage allaitant est en passe de connaître une crise du même ordre, l'absence de réaction rapide du gouvernement à la décision italienne d'imposer une vaccination aux animaux importés, a décidé les éleveurs à recourir à des voies de pression “moins diplomatiques”. Ils avaient déjà lancé un premier message en bloquant le tunnel du Lioran le 3 mars dernier ; trois semaines après, faute d'avancées significatives, ils entendaient bien donner une autre ampleur à leurs revendications, relayées depuis mercredi par les 22 départements du berceau des races à viande. Pour Patrick Bénézit, secrétaire général de la FDSEA du Cantal et coordinateur de ce collectif, “l'appel du Massif central à un blocage des axes routiers et à d'autres formes d'actions a été unanimement suivi par nos collègues du Charolais, du Rhône...”.

Des mesures d'urgence attendues

Une mobilisation massive pour obtenir le rétablissement du commerce vers le voisin italien par un dispositif sanitaire moins contraignant. “Il faut supprimer ce délai de 60 jours pour exporter après la seconde injection du vaccin et mettre en oeuvre une solution sans vaccination pour les petits veaux”, juge Patrick Bénézit. Dans l'attente d'une décision européenne au recours déposé mercredi par Michel Barnier pour non respect des textes européens par l'Italie, les responsables de la FDSEA et des JA des 22 départements réclament des mesures d'urgence de dégagement du marché (aide au retrait, à l'engraissement, au stockage...) et des compensations pour les pertes d'ores et déjà subies par les filières broutards et veaux naissants. Mais la manifestation du 26 mars voulait dépasser le cadre de cette crise liée à la fièvre catarrhale ovine. “Même sans les incidences de la FCO, l'élevage était déjà dans le rouge”, rappelle Patrick Bénézit en énumérant la hausse de 100 % du prix des engrais et des aliments, les 40 % d'inflation sur le prix du fuel... et, parallèlement, l'absence d'adaptation des politiques de soutiens européens à l'élevage.

Redonner de la compétitivité à l'élevage à l'herbe

Et d'appeler une nouvelle fois à une réorientation des soutiens de la Pac vers l'élevage à l'herbe, lourdement fragilisé par ce retournement du marché des céréales et des protéines. Pour son homologue des JA, Nicolas Bardy, “il est devenu impossible d'élaborer un projet d'installation avec des charges qui ne cessent de progresser, des aides sans cesse remises en cause ou supprimées et des animaux qui ne partent plus”. De quoi remettre en question selon lui toute la dynamique d'installation dans le département. “Il faut que le gouvernement soit cohérent : le soutien affiché à l'installation par Nicolas Sarkozy doit aller de pair avec une visibilité sur l'avenir pour nos productions animales et pour l'élevage à l'herbe”, milite le secrétaire général adjoint des JA.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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